<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-3663905631233247408</id><updated>2012-02-16T09:52:44.723+01:00</updated><title type='text'>L'amateur d'économie</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://gdrean.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Gérard Dréan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13847222757419959561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_jhzxtrawyYY/SZVhv-mTPgI/AAAAAAAAAAM/8Af6-Sy6AgA/S220/moiphoto2.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>21</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3663905631233247408.post-2652115093974615866</id><published>2011-09-26T10:14:00.000+02:00</published><updated>2011-09-26T10:14:31.310+02:00</updated><title type='text'>Les modèles en économie</title><content type='html'>Le blog Rationalité Limitée a publié récemment &lt;a href="http://rationalitelimitee.wordpress.com/2011/09/14/explication-et-representation-dans-les-modeles-en-economie-12/"&gt;un excellent billet&lt;/a&gt; sur « Les modèles en économie », qui tente de répondre à la question « pourquoi l’économie est-elle moins performante que la physique alors même qu’elle recourt à la même démarche scientifique, en particulier en utilisant la modélisation comme moyen de représentation de son objet d’étude ? » en présentant différentes thèses proposées par les philosophes des sciences.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la deuxième partie de son billet, C.H. utilise l’exemple du duopole de Cournot. Plutôt que me livrer à une critique philosophique « autrichienne » des thèses présentées dans son billet, je vais utiliser le même exemple pour comparer les pratiques de modélisation des économistes à celles des autres sciences comme la physique ou la biologie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Admettons que le problème que l’économiste cherche à éclairer avec le modèle de Cournot est « comment se déterminent les prix et les parts de marché dans un marché concurrentiel ? », et imaginons qu’un scientifique d’une autre discipline, par exemple un physicien, aborde ce même problème, soit par curiosité personnelle, soit parce qu’il a été missionné pour cela. Comment s’y prendra-il, compte tenu des méthodes de travail habituelles de sa discipline ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il commencera par observer soigneusement le phénomène réel auquel il s’intéresse, avant même de décider quelles questions ce phénomène pose et comment il va s’y prendre pour y répondre. A partir de cette observation initiale, il résumera probablement le phénomène comme suit : des entreprises produisent des biens et les proposent au marché, en fixant chacune de leur côté la quantité qu’elles produisent et le prix auquel elles les proposent. Chacun des autres agents achète alors à ce prix une certaine quantité de chaque produit, qu’il détermine lui-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A ce stade, il est clair pour lui qu’il est devant un phénomène dynamique qu’on peut approximer par un cycle : pour chaque entreprise, décision de production, production effective qui détermine ses coûts, décision de prix. Puis du côté du marché, décisions d’achat qui déterminent le revenu de chaque agent, et retour au début du cycle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En même temps, il est clair pour notre physicien que le phénomène est complexe et fait intervenir un très grand nombre de facteurs. Il voit aussi qu’il est impossible de construire un dispositif expérimental réel qui lui permettrait de faire varier chaque paramètre de façon indépendante. Il va donc se rabattre sur la méthode des économistes : construire un modèle abstrait. Mais il voudra que ce modèle représente aussi fidèlement que possible un assez grand nombre de paramètres a priori pertinents ainsi que leurs effets, afin d’appliquer sa démarche habituelle. Autrement dit, il exigera d’emblée de son modèle une grande « force représentationnelle », pour utiliser la terminologie de Suarez reprise par Cyril.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour aller plus loin, notre physicien a besoin de nombreuses autres informations, les principales étant :&lt;br /&gt;1. comment une firme détermine-t-elle sa production ?&lt;br /&gt;2. comment une firme détermine-t-elle ses prix ?&lt;br /&gt;3. comment chaque agent détermine-t-il quelles quantités de chaque produit il achète ?&lt;br /&gt;4. de quelles informations chaque agent (producteurs ou consommateur) dispose-il quant aux actions des autres ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour les obtenir, il va devoir poursuivre ses observations à l’intérieur des entreprises productrices et chez les agents consommateurs, à moins de trouver dans la littérature des comptes-rendus d’observations réalisés par d’autres et qu’il juge fiables. Même alors, l’honnêteté intellectuelle pourra lui commander de les valider lui-même par l’observation. De toute façon, tout ce qu’il n’a pas validé lui-même en l’incluant dans le champ de son étude aura pour lui le statut d’hypothèse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A ce stade, face à la complexité des phénomènes réels, il va devoir faire des hypothèses simplificatrices. Il peut identifier plusieurs options pour la structure générale de son modèle et pour chacune des questions ci-dessus, certaines excessivement simplificatrices, d’autres conduisant à un modèle beaucoup trop complexe. Il peut les combiner de diverses façons pour construire plusieurs modèles alternatifs. Il se demandera dans quelle mesure une déviation par rapport à telle hypothèse risque de modifier les conclusions, et il devra juger a priori de ce qu’il peut-il laisser de côté sans trop changer la nature du phénomène qu’il cherche à comprendre et donc les conclusions qu’il tirera de son étude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre physicien, lui, estime qu’il ne peut pas aller plus loin sans faire valider son choix d’hypothèses par des experts du domaine d’étude. Imaginons de plus qu’il doive obtenir des financements, ce qui est une bonne façon de vérifier l’utilité de son projet. Il constituera donc un panel d’entreprises susceptibles d’être intéressées par ses résultats à venir, et cherchera à déterminer quelles hypothèses il doit retenir pour les convaincre que son modèle est suffisamment représentatif de la réalité pour avoir une chance de produire des résultats assez pertinents pour justifier leur participation. (j’utilise exprès une phrase biscornue pour traduire le caractère subjectif de tout ça).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis prêt à parier que ce panel confirmerait rapidement que le modèle ne peut être que dynamique, ce qui inviterait le physicien à utiliser l’« agent-based modeling » (ABM). Le nombre de producteurs serait alors facilement paramétrable donc pas besoin d’hypothèse restrictive pour ce pramètre. C’est plus difficile pour le nombre de produits, et le panel accepterait sans doute de financer un modèle à un seul produit, en espérant le généraliser par la suite. Il accepterait aussi (provisoirement) qu’il n’y ait pas de négociation sur les prix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En revanche, il est très douteux que les entreprises acceptent de financer une étude où le produit et la technique de production seraient invariants, ce qui élimine l’essence même de la concurrence. Elles demanderaient que le modèle autorise certaines modifications du produit lui-même (concurrence par la qualité) et de sa technique de production (concurrence par les coûts), sinon les conclusions, quelles qu’elles soient, ne les intéresseraient pas. Heureusement, avec la programmation par objets qui va avec l’ABM, il est possible d’aller très loin dans le paramétrage des processus de décision, notamment de commencer avec des hypothèses simples et de les remplacer progressivement et individuellement par de plus complexes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au bout du compte, on peut espérer aboutir à un modèle que notre physicien pense pouvoir traiter avec les outils qu’il connaît, et dont simultanément la « force représentationnelle » sera jugée assez bonne par les professionnels pour qu’il possède la « force inférentielle » attendue et qu’il obtienne le financement qu’il recherche. Mais ce modèle sera certainement très éloigné du modèle du duopole de Cournot. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;(c’est à peu près le cheminement que j’ai personnellement suivi, sauf que j’avais déjà 30 ans d’observation de la réalité derrière moi quand j’ai abordé la question sous l’angle théorique, et que je n'ai donc pas éprouvé le besoin de faire valider mon modèle)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Imaginons maintenant qu’un économiste bon teint se présente devant les mêmes avec le modèle du duopole de Cournot, même un peu complexifié. Il y a gros à parier que le panel jugera que la « force représentationnelle » de ce modèle est très faible et qu’ils n’ont même pas besoin d’en examiner la « force inférentielle » pour refuser de financer l’étude, surtout si son objectif est de déterminer des conditions d'équilibre qui n’ont aucun intérêt pour les sponsors.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que tirer de cet apologue ? Cyril dit à propos du modèle de Cournot : « la force représentationnelle du modèle ne sera évidente que pour un économiste ou en tout cas pour une personne ayant une connaissance des analyses de la concurrence sur le marché. » Je pense personnellement que c’est bien pire que ça : elle n’est évidente que pour une personne (économiste ou non) qui N’A PAS une connaissance de la réalité de la concurrence sur le marché, même s’il a une connaissance des analyses que les économistes ont faites de ce qu’ils appellent « concurrence ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’économiste n’a pas isolé une partie du système réel, il a substitué au système réel un autre système imaginaire, tout en utilisant les mêmes mots pour le décrire, ce qui est une forme d’escroquerie, même inconsciente. Le physicien, lui, a effectivement isolé une partie du système réel et montré &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; la relation entre ce modèle et la réalité que connaissent les praticiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autre différence tout à fait fondamentale : le physicien a articulé sa démarche d’abstraction en deux temps. D’abord la construction d’une maquette, simplifiée mais représentative, faisant intervenir un grand nombre de facteurs ; puis dans un deuxième temps l’application sur cette maquette de sa méthode expérimentale habituelle : analyser séparément l’effet d’hypothèses différentes sur chacun des facteurs retenus dans le modèle. Pour cela, il est essentiel que ce modèle représente le plus fidèlement possible les mécanismes causaux à l’œuvre dans le modèle réel et que la technique de formalisation de ce modèle permette de paramétrer le maximum de facteurs retenus. L’économiste, lui, a procédé en une seule étape : construire un modèle qui isole un nombre minimal de facteurs paramétrables et repose sur un grand nombre d’hypothèses simplificatrices.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le modèle du physicien n’est pas seulement un « monde crédible » (dans la terminologie de Sugden), c’est plus précisément une approximation utilisable parce que crédible d’un partie du monde réel, ce dont le physicien a voulu s’assurer en le soumettant à des praticiens du domaine. Celui de l’économiste n’est pas crédible du tout, comme le lui ont dit les praticiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut évidemment dire que les praticiens ont tort, et que de toute façon un économiste n’a pas à prendre l’avis de chefs d’entreprise. C’est admettre que l’économie ainsi pratiquée est un simple jeu intellectuel dont il ne faut pas tirer des enseignements relatifs à la réalité, ce qui revient à dire que ce n’est pas une science. De là vient à mon avis le hiatus entre les économistes et les praticiens, qui est visible par le public et est à l’origine de la mauvaise image de la discipline économique. La méthode des économistes satisfait les économistes (heureusement de moins en moins d'après ce que je crois comprendre), mais ne convainc personne d’autre. Le vice fondamental de l’économie « orthodoxe » est bien méthodologique, comme ne cessent de le répéter les "autrichiens".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l’arbitrage nécessaire entre réalisme et rigueur (ou « traitabilité » du modèle (pour faire du franglais), le physicien a donné la priorité au réalisme et a choisi ses outils en conséquence ; l’économiste a donné la priorité à la traitabilité en s’imposant un outil a priori. Or un bon scientifique adapte ses outils au problème et pas l’inverse. C’est l’application rigoureuse de la méthode scientifique telle qu’il la pratique dans sa discipline qui a conduit notre physicien à concevoir son modèle de façon différente, à utiliser des techniques différentes pour le construire et l’exploiter, et à interpréter différemment ses résultats. En termes philosophiques, les options méthodologiques doivent découler des considérations ontologiques et épistémologiques. Le dualisme méthodologique des classiques et des autrichiens est une conséquence de la rigueur scientifique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je remets à plus tard (peut-être) le détail des autres raisons pour lesquelles la méthode que j’appelle « classico-autrichienne » échappe à ces critiques, et je laisse aux économistes le soin d’expliquer pourquoi ils agissent différemment, alors que ce sont (le plus souvent) des gens intelligents. J’ai évidemment ma petite idée…&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3663905631233247408-2652115093974615866?l=gdrean.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://gdrean.blogspot.com/feeds/2652115093974615866/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2011/09/les-modeles-en-economie.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/2652115093974615866'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/2652115093974615866'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2011/09/les-modeles-en-economie.html' title='Les modèles en économie'/><author><name>Gérard Dréan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13847222757419959561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_jhzxtrawyYY/SZVhv-mTPgI/AAAAAAAAAAM/8Af6-Sy6AgA/S220/moiphoto2.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3663905631233247408.post-1599723232316049092</id><published>2011-09-04T11:04:00.000+02:00</published><updated>2011-09-04T11:04:57.386+02:00</updated><title type='text'>La banque libre (suite)</title><content type='html'>J'ai découvert cet été un livre méconnu de Hayek, écrit en 1976, et qui trouve une actualité assez brûlante. Il y prend position contre le projet de monnaie unique européenne et propose à la place l'ouverture de la création monétaire à la concurrence.&lt;br /&gt;J'y ai consacré &lt;a href="https://docs.google.com/document/d/1YMO7Znb8sF-L6bnEsoREzxyFFivwzz3C-POG0kUx3ms/edit?hl=en_US"&gt;un article lisible ici&lt;/a&gt;. &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3663905631233247408-1599723232316049092?l=gdrean.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://gdrean.blogspot.com/feeds/1599723232316049092/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2011/09/la-banque-libre-suite.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/1599723232316049092'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/1599723232316049092'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2011/09/la-banque-libre-suite.html' title='La banque libre (suite)'/><author><name>Gérard Dréan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13847222757419959561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_jhzxtrawyYY/SZVhv-mTPgI/AAAAAAAAAAM/8Af6-Sy6AgA/S220/moiphoto2.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3663905631233247408.post-8159031519133996042</id><published>2011-05-31T13:50:00.000+02:00</published><updated>2011-05-31T13:50:02.103+02:00</updated><title type='text'>Echecs du marché, vocabulaire et méthodologie</title><content type='html'>&lt;a href="http://forum.econoclaste.free.fr/read.php?3,15854"&gt;Un fil sur la création monétaire&lt;/a&gt; (eh oui…) a dérivé vers les échecs du marché et est en train de dériver dangereusement vers la méthodologie, voire récemment vers une psychiatrie un peu nauséabonde. Comme je trouve cette discussion intéressante, je l’extrais de ce marécage et j’ouvre ce fil pour la poursuivre, au cas où ça intéresserait quelqu’un.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La controverse que je prolonge ici portait sur la définition des échecs de marché, que plusieurs interlocuteurs m’accusaient de ne pas connaître. Je repars donc de la définition de « échecs du marché » ou « &lt;i&gt;market failures&lt;/i&gt; », dont je citais trois versions :&lt;br /&gt;• "une défaillance du marché est un cas dans lequel le marché échoue dans l'allocation optimale des ressources économiques et des biens et services" (WP)&lt;br /&gt;• “&lt;i&gt;there exists another conceivable outcome where a market participant may be made better-off without making someone else worse-off&lt;/i&gt;.” (WP)&lt;br /&gt;• « On parle de défaillances de marché lorsque l’équilibre de marché n’aboutit pas à une situation optimale. » (un cours de licence trouvé via Google )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A mon avis, elles sont à peu près équivalentes, si ce n’est que seule la troisième utilise explicitement le mot « équilibre », et que la deuxième précise que la situation de référence optimale mentionnée par les deux autres est un équilibre de Pareto.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y en a pas mal d’autres du même genre, si ce n’est que le mot « optimal » est souvent remplacé par « efficient ». J’interprète toutes ces définitions comme se référant à un écart entre la réalité observable et un certain idéal, défini par un modèle ou autrement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est cette interprétation que contestent mes interlocuteurs, dont Anonymecon qui m’objecte : « par défaillance du marché (market failure), on entend une déviation des hypothèses sous lesquelles le marche délivre un optimum de Pareto ». Et en effet, en cherchant bien, j’ai aussi trouvé: « &lt;i&gt;A situation, &lt;b&gt;usually discussed in a model not in the real world&lt;/b&gt;, in which the behavior of optimizing agents in a market would not produce a Pareto optimal allocation.&lt;/i&gt;” (c’est moi qui grassoie). Cette acception, qui implique une comparaison entre deux modèles ou idéaux-types, sans référence à la réalité observable, m’a quand même semblé très minoritaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En tout état de cause, il y a donc une ambiguïté : de quel marché et de quelles situations parle-t-on ? Dans mon interprétation, adoptée aussi par Alexandre mais apparemment refusée par Jean-Edouard, les « échecs du marché » sont des désaccords entre la réalité observable d’une part, et d’autre part ou bien les prévisions d’un modèle, ou bien certains critères d’efficience ou d’optimalité. C’est la seule qui soit cohérente avec l’idée généralement exprimée que l’existence d’échecs de marché appelle l’intervention de l’Etat, évidemment dans l’économie réelle, ce que disent pratiquement toutes les sources que j’ai consultées. Alors que l’interprétation d’Anonymecon fait du raisonnement économique un raisonnement abstrait déconnecté de la réalité, et donc inapplicable à l’action.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’une façon plus générale, cette discussion renvoie à deux façons de considérer la discipline économique. On répète souvent que « le modèle n’est pas la réalité », et je suis bien d’accord là-dessus. Mais faut-il s’arrêter là, et considérer la construction et l’analyse de modèles comme un simple exercice intellectuel abstrait clos sur lui-même dont il ne faut pas chercher à tirer de conséquences pratiques ? Je ne nie pas que ça puisse être un jeu passionnant pour les amateurs, ni que ça puisse être un passage obligé pour se familiariser avec les outils avant de les mettre en application, mais personnellement ça ne m’intéresse pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ou la construction et l’analyse de modèles est-elle un moyen (parmi d’autres) d’appréhender la réalité, voire éventuellement d’agir sur elle ? Si c’est le cas, le rapport des modèles à la réalité est LA question primordiale D’accord, un modèle éloigné de la réalité peut servir d’instrument d’analyse de celle-ci, mais si on pense que les écarts entre modèle et réalité appellent une modification de quelque chose, c’est bien évidemment du modèle, comme dans toutes les autres sciences. Ce qui est incohérent en tout état de cause, c’est de définir les échecs de marché comme le fait Anonymecon et  de considérer que l’Etat doit intervenir pour les corriger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est pour ça que je dis que ces écarts ne devraient pas être appelés « echecs de marché » ou « défaillances du marché », mais « défaillances du modèle » ou « imperfections du modèle ». Les mots comptent. Dire « erreurs de marché » signifie « le marché se trompe » et il est alors naturel de penser qu’il faut que quelqu’un corrige ses erreurs, et ça nous fait entrer dans le domaine politique. Dire « défaillance du modèle » implique qu’il faut perfectionner le modèle, et nous fait rester dans le domaine scientifique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, au-delà des considérations « conséquentialistes », l’idée même que les « défaillances de marché » doivent être corrigées par l’intervention de l’Etat pose deux questions d’ordre philosophique et non économique, auxquelles il faut répondre avant d’envisager des actions :&lt;br /&gt;• quel que soit l’idéal proposé, qu’est-ce qui peut faire penser qu’il est suffisamment désirable pour justifier des actions destinées à le réaliser ?&lt;br /&gt;• et même s’il est en effet désirable, est-il légitime que l’Etat utilise son monopole de la contrainte légitime pour entreprendre de telles actions ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3663905631233247408-8159031519133996042?l=gdrean.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://gdrean.blogspot.com/feeds/8159031519133996042/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2011/05/echecs-du-marche-vocabulaire-et.html#comment-form' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/8159031519133996042'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/8159031519133996042'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2011/05/echecs-du-marche-vocabulaire-et.html' title='Echecs du marché, vocabulaire et méthodologie'/><author><name>Gérard Dréan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13847222757419959561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_jhzxtrawyYY/SZVhv-mTPgI/AAAAAAAAAAM/8Af6-Sy6AgA/S220/moiphoto2.gif'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3663905631233247408.post-3654629245932496588</id><published>2011-05-29T18:40:00.000+02:00</published><updated>2011-05-29T18:40:19.857+02:00</updated><title type='text'>Le désir de Providence</title><content type='html'>Comme tous les animaux supérieurs, chacun d’entre nous nait infiniment faible et totalement dépendant de ses parents. Bébés, c’est instinctivement que nous nous en remettons à eux et que nous cherchons à attirer leur sollicitude. Puis, au fur et à mesure que notre conscience s’éveille, nous prenons l’habitude de penser qu’ils sont là pour subvenir à tous nos besoins et résoudre tous nos problèmes. Et comme par définition ces problèmes nous dépassent, nous pensons qu’ils ont des pouvoirs que nous n’avons pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’expérience venant conforter ce sentiment, nous nous forgeons l’intime conviction qu’il existe quelqu’un qui est à la fois bienveillant à notre égard et doté de pouvoirs surnaturels. En contrepartie nous acceptons de nous plier à des décisions que nous ne comprenons pas, et nous cherchons désespérément à plaire à ceux dont nous attendons tant. C’est l’origine de notre tendance à la « servitude volontaire » que relevait Etienne de la Boétie dès 1549. Ce besoin de croire à une puissance supérieure toute-puissante et bienveillante, ce désir de Providence en quelque sorte, est acquis dès nos premières années et restera tout au long de notre vie une composante de notre nature humaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis nous grandissons. Et petit à petit, nous sommes confrontés à des problèmes qui échappent à la sphère familiale, ou dont nous préférons que nos parents ne se mêlent pas. Nous commençons alors à chercher à satisfaire notre besoin de Providence par d’autres moyens. Beaucoup vont nous proposer des parents de substitution : les chefs de bande nous promettent leur protection en échange de notre obéissance et de quelques menus services ; les prêtres nous garantissent l’existence d’un être tout-puissant et bienveillant, qu’ils appellent Dieu, et à qui nous devons nous soumettre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En même temps, nous prenons conscience des limites de nos parents. Nous nous apercevons que ce sont des gens comme nous et que nous sommes comme eux, et nous mesurons nos propres limitations, notamment face aux attentes de nos propres enfants. Comprendre et accepter les limites des êtres humains que nous sommes, ça s’appelle devenir adulte. Mais il reste toujours quelque chose de cette croyance fondatrice dans le rôle protecteur de nos parents, à tel point que, quand ils finissent par disparaître, nous ressentons ce sentiment d’être désormais en première ligne, comme s’ils avaient de fait continué à nous protéger jusque-là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous voilà maintenant adultes, sans la protection de nos parents. Mais plus nous sommes conscients de notre propre faiblesse, plus nous avons besoin de croire qu’une puissance supérieure viendra nous secourir en cas de besoin. Notre besoin de Providence reste bien ancré en nous, et les chefs de bande, les politiques, les gourous et les prêtres vont s’ingénier à l’exploiter pour acquérir, avec notre confiance et notre soumission, une position de domination.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour eux, la partie est plus difficile que pour nos parents, qui existaient avant nous et n’ont rien eu à faire pour que nous leur prêtions a priori notre confiance. Après l’avoir d’abord méritée, ils ne peuvent plus ensuite que la décevoir ou la décourager, ce qui à la fois nous fait devenir adultes et nous précipite vers les alternatives.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les candidats à leur remplacement, eux, doivent faire miroiter leur puissance et leur bienveillance. Et comme ils sont en concurrence, ils vont utiliser des argumentaires différents. Puisque nous sommes de plus en plus conscients des limites de nos congénères, la stratégie initialement la plus sûre est d’exploiter directement notre besoin de croire en affirmant l’existence de puissances surnaturelles bienveillantes, ce qui a l’avantage d’être invérifiable. C’est ce que font les prêtres. Les prétendants au pouvoir temporel ont d’abord exploité cette même stratégie, puis se sont mis à la remorque des prétendants au pouvoir spirituel en se présentant comme les représentants de Dieu sur terre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans nos sociétés, Dieu est devenu moins populaire qu’il l’a été, beaucoup ont commencé à douter de son existence et la religion est devenue une affaire privée. Mais tous ou presque ont reporté leur besoin de Providence sur l’Etat en le parant de ces vertus de toute-puissance et de bienveillance. Après Dieu le Père, voici la Mère Patrie et le Père des peuples.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les politiciens essaient de nous convaincre que, pour que l’Etat par définition bienveillant soit en mesure de résoudre tous les problèmes, nous devons lui accorder des pouvoirs supérieurs aux nôtres, ce que notre profond désir de Providence nous conditionne pour accepter. A l’autorité parentale ou à la volonté divine, ils substituent l’intérêt général et la volonté générale. C’est ainsi que la majorité d’entre nous croit que la société ne peut pas fonctionner sans un pouvoir, et même un pouvoir fort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons commencé par croire que nos parents pouvaient guérir nos bobos en soufflant dessus, puis que les prêtres avaient le pouvoir de nous laver de nos fautes, et que les rois guérissaient les maladies par simple contact en « touchant les écrouelles ». Voilà maintenant que nous croyons les Etats capables de résoudre les problèmes de la société en manipulant la monnaie et le crédit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis nous commençons à entrevoir, comme nous l’avons fait pour nos parents, qu’ils n’ont pas ces pouvoirs, et qu’ils échouent plus souvent qu’ils ne réussissent. La plupart d’entre nous s’en accommodent, ne voyant pas de substitut à leur rêve d’un être omnipotent et bienveillant, et incapables de supporter l’idée qu’ils ne peuvent compter sur personne d’autre qu’eux-mêmes et leurs proches, qui n’ont pas d’autres pouvoirs que nous, quelle que soit leur bienveillance. Et quand l’Etat ne répond pas à nos attentes, ils croient naïvement que la solution consiste à changer les titulaires actuels du pouvoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup en restent là, et reportent jusqu’au bout sur l’Etat leur besoin infantile de Providence en le chargeant de tous les problèmes qu’ils ne peuvent pas résoudre. Certains prospèrent plus ou moins en faisant profession de résoudre ces problèmes. Quelques-uns finissent quand même par devenir enfin adultes en politique, c’est-à-dire libéraux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais il arrive à certains de retomber en enfance…&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3663905631233247408-3654629245932496588?l=gdrean.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://gdrean.blogspot.com/feeds/3654629245932496588/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2011/05/le-desir-de-providence.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/3654629245932496588'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/3654629245932496588'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2011/05/le-desir-de-providence.html' title='Le désir de Providence'/><author><name>Gérard Dréan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13847222757419959561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_jhzxtrawyYY/SZVhv-mTPgI/AAAAAAAAAAM/8Af6-Sy6AgA/S220/moiphoto2.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3663905631233247408.post-2335236386740552358</id><published>2010-12-09T12:48:00.001+01:00</published><updated>2010-12-12T15:04:48.279+01:00</updated><title type='text'>Capital et dette, ou dialogue sur le financement de La Poste, où on parle de Modigliani (Franco, pas Amedeo) et Miller (Merton, pas Marcus)</title><content type='html'>&lt;b&gt;(dimanche 12 décembre) A la suite des réactions des auteurs de Mafeco, j'ajoute à mon billet du 9 une description  de la façon dont il a été construit, qui semble ne pas avoir été évidente.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;(§ ajouté le 12)&lt;br /&gt;Pour construire ce petit dialogue, j'ai d'abord extrait des billets et des commentaires de Mafeco quelques phrases qui me semblaient faire problème, et j'en ai fait par simple copier-coller, la substance des répliques du personnage que j'ai appelé Edouard.&lt;br /&gt;J'ai ensuite prêté au personnage que j'appelle Jean-Paul les arguments que je suppose tout praticien de l'économie  aurait en réaction aux propos d'Edouard (le personnage...).&lt;br /&gt;Pour assurer la continuité du dialogue, j'ai introduit dans les répliques d'Edouard quelques modifications de pure forme en m'appliquant à ne pas en altérer le sens.&lt;br /&gt;Dans tout cela, il n'y a aucune attaque personnelle contre Jean-Edouard, mais une critique d'une pratique trop répandue de l'économie où les propriétés formelles des modèles sont trop rapidement considérées comme vraies pour la réalité qu'on a modélisée, ce qu'illustre à mon avis à merveille le "théorème" de Modigliani-Miller.&lt;br /&gt;Pour alléger, j'ai supprimé mon commentaire en deux parties du 9 au soir. Les lecteurs qui voudraient vérifier la correspondance entre les propos du personnage Edouard et les textes publiés sur Mafeco n'auront je pense aucune peine à les retrouver. &lt;br /&gt;(fin de l'ajout)&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Une &lt;a href="http://www.mafeco.fr/?q=node/133#comment-2037"&gt;controverse assez vive&lt;/a&gt; m’a opposé à Jean-Edouard sur son blog Mafeco. Plutôt que de squatter son blog contre sa volonté dans le but de justifier mes interventions (que j’estime à la fois fondées et légitimes), je les développe ici sous forme d’un dialogue où je reprends les protagonistes du billet de Jean-Edouard, qui concerne au départ l’ouverture du capital de La Poste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les personnages :&lt;br /&gt;• &lt;b&gt;Jean-Paul Bailly&lt;/b&gt;, président de La Poste (ou plutôt un clone),&lt;br /&gt;• &lt;b&gt;Edouard Mafeco&lt;/b&gt;, brillant doctorant en économie et animateur d’un excellent blog.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le décor : un salon d’un grand hôtel parisien. Le président de La Poste vient de donner une conférence où il a parlé de sa stratégie et notamment de son projet d’ouverture du capital. Dans le salon où est servi le cocktail, Edouard aborde Jean-Paul Bailly.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Edouard :&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; Monsieur le Président, excusez-moi de vous poser cette question, mais pourquoi l’ouverture de capital serait-elle préférable à l’émission de dette ? Les travaux économiques les plus classiques permettent de conclure que l’ouverture du capital de La Poste n’a rien de nécessaire comme moyen de financer de nouveaux investissements.&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Jean-Paul : &lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;Oui, bien sûr, mais ces différents moyens n’ont pas tous les mêmes conséquences. Dites-moi : que faites-vous dans la vie ?&lt;br /&gt;&lt;b&gt;E :&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; Je suis ancien élève de l’Ecole Normale et je prépare un doctorat en microéconomie de la finance à l’Ecole d’Economie de Paris, où j’enseigne.&lt;br /&gt;&lt;b&gt;JP :&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; Très bien, félicitations. Alors vous connaissez la différence entre le haut de bilan et le bas de bilan, et vous savez que la dette et le capital, ce n’est pas du tout la même chose.&lt;br /&gt;&lt;b&gt;E :&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; Oui bien sûr, il y a une différence au niveau comptable, mais pas en termes économiques. Deux économistes ont obtenu le Prix Nobel d’Economie pour avoir démontré un des théorèmes fondamentaux de la finance d'entreprise moderne : la valeur d’un actif ne dépend pas de son mode de financement, résultat bien connu sous le nom de Théorème de Modigliani-Miller. Donc il devrait être totalement indifférent de se financer par émissions d’actions ou émission d’obligations. La majorité des économistes pensent même qu’il est plus économique de se financer par la dette, et ils le démontrent de façon rigoureuse.&lt;br /&gt;&lt;b&gt;JP :&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; Ah, vous voulez parler de cette histoire d’effet de levier qui a été très à la mode chez les consultants il y a quelques années ? Si vous saviez le nombre d’entreprises qui ont fait faillite par insuffisance de fonds propres pour y avoir trop cru… De quand date ce prix Nobel ?&lt;br /&gt;&lt;b&gt;E : &lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;Franco Modigliani l’a eu en 1985 et Merton Miller en 1990, mais l’article de Modigliani était sorti en 1958 et celui de Miller qui généralise les conclusions de Modigliani en 1977.&lt;br /&gt;&lt;b&gt;JP :&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; C’est bien ce que je craignais… J’ai bien peur que cette préférence pour la dette ait été pour quelque chose dans la bulle internet qui s’est gonflée dans les années 90 et a éclaté en 2000. Mais revenons à La Poste. Vous pensez vraiment que ce théorème s’applique à nous ?&lt;br /&gt;&lt;b&gt;E :&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; Peut-être pas directement, parce qu’il est établi à partir d’un certain nombre d’hypothèses simplificatrices qui ne sont peut-être pas vérifiées dans votre cas. Mais relâcher chacune de ces hypothèses donne une nouvelle raison de privilégier la dette par rapport aux actions. Il me semble donc que vous devriez plutôt émettre des obligations.&lt;br /&gt;&lt;b&gt;JP :&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; Ah bon ? Quelles sont donc ces hypothèses ?&lt;br /&gt;&lt;b&gt;E : &lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;La plus importante est que les marchés financiers sont efficaces : lorsqu’on vend les bénéfices futurs de La Poste on obtient en échange exactement ce qu’ils valent, ni plus ni moins. Une autre est qu’il n’y a pas de frottements, que les économistes appellent des coûts de transaction. Au début, Modigliani n’avait pas tenu compte de la fiscalité. Miller, lui, a montré par la suite que ce résultat reste vrai quand on tient compte de la fiscalité. Le raisonnement est le suivant :…&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;JP&lt;/b&gt; (l’interrompant) :&lt;/i&gt; je vous fais confiance pour le raisonnement. Moi ce qui m’intéresse c’est les hypothèses et les conclusions.&lt;br /&gt;&lt;b&gt;E :&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; Quand même, je vous le résume : en gros, lorsqu’on ouvre le capital d’une entreprise, on vend une partie de ses bénéfices. Si elle ne fait pas de bénéfices personne ne voudra acheter d’actions, et dans le cas contraire ceux-ci permettent de se financer par dette. Donc actions ou dette, ça revient au même.&lt;br /&gt;&lt;b&gt;JP :&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; Ce raisonnement suppose donc aussi qu’au moment où ils décident d’acheter des actions, les gens savent exactement les bénéfices que fera l’entreprise, ce qui n’est évidemment pas le cas. Ceux qui achètent espèrent qu’il y aura des bénéfices, d’autres estiment qu’il n’y en aura pas et s’abstiennent. La réalité, elle, ne sera connue que beaucoup plus tard.&lt;br /&gt;La différence entre les deux, c’est justement ça : ceux qui achètent des actions prennent un pari et me font confiance pour le tenir. Ils n’achètent rien d’autre que mes promesses, et le droit de me virer si je ne les tiens pas. Ceux qui achètent des obligations achètent un revenu quasi-certain tant que la boîte ne fait pas faillite. Quand j’émets des obligations, je m’engage à verser à mes créanciers des intérêts à un taux fixé d’avance quels que soient mes résultats. Quand j’émets des actions, je ne m’engage qu’à une seule chose : convoquer les porteurs en assemblée générale une fois par an pour leur présenter mes résultats et décider de ce qu’on va faire des bénéfices, s’il y en a. Si l’entreprise n’a pas gagné d’argent, je ne leur donne rien ; si elle en gagné, ils pourront en recevoir une partie sous forme de dividendes après que l’Etat aura prélevé les impôts et que j’aurai mis de côté ce qu’il me faut pour financer mes nouveaux investissements. Et si par malheur la boîte faisait faillite, il faudrait quand même que je rembourse mes dettes envers les porteurs d’obligations alors que mes actionnaires perdraient leur capital. Ca n’est indifférent ni pour eux ni pour moi.&lt;br /&gt;&lt;b&gt;E :&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; Mais quand même : Si les dividendes de 15.000 euros ne sont pas versés aujourd'hui c'est 15.000 euros plus les intérêts que l'entreprise aura à reverser en plus demain, ce qui augmente la valeur des actions que je peux revendre aujourd'hui d'un montant tel que je suis exactement indifférent entre voir l'entreprise verser des dividendes aujourd'hui ou demain.&lt;br /&gt;&lt;b&gt;JP :&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; Oh là là ! Comme vous y allez ! D’abord les dividendes sont distribués chaque année à partir des bénéfices de l’année. Si je ne verse pas ces 15000 euros cette année, ça n’entraîne pas du tout que je dois les verser l’année prochaine. Deuxièmement, le fait que je ne verse pas de dividendes cette année peut faire penser que la boîte n’est pas si florissante que ça, et donc faire baisser le cours des actions au lieu de l’augmenter. Bien sûr, je vais dire que si je ne verse pas de dividendes, c’est pour investir afin de préparer un avenir radieux, mais personne n’est obligé de me croire (hélas !). Et même s’ils me croient, je peux me planter.&lt;br /&gt;&lt;b&gt;E :&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; Soit. Mais la théorie économique est justement là pour montrer des choses qui semblent contre-intuitives et n’en sont pas moins vraies.&lt;br /&gt;&lt;b&gt;JP :&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; Je suis désolé, mais vous ne me ferez jamais croire que me financer par la dette ou par l’ouverture du capital, c’est exactement équivalent. De toute façon, les décisions de financement font intervenir bien d’autres considérations beaucoup plus pertinentes et beaucoup plus importantes pour l’entreprise. Vous savez, la finance, c’est un art, pas une science.&lt;br /&gt;&lt;b&gt;E :&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; Oui, mais les économistes sont justement là pour en faire une science ! Je suis bien d’accord avec vous : l’économie c’est très compliqué. Un modèle, ça n’est jamais exactement la réalité et il ne peut pas tout prendre en compte.. C’est pour ça que les économistes sont obligés d’appréhender la réalité à partir de modèles simplifiés, et ensuite de s’interroger sur les raisons qui font que ce modèle ne correspond pas fidèlement à la réalité. D’ailleurs, les physiciens et les autres scientifiques procèdent de la même façon.&lt;br /&gt;&lt;b&gt;JP :&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; Là je vous suis. Je suis polytechnicien et donc mieux formé aux sciences dites « dures » qu’à l’économie. En physique par exemple, et je crois que c’est pareil en biologie, on commence par observer longuement et attentivement les phénomènes avant d’essayer de les expliquer. Bien sûr on est obligé de faire des hypothèses, notamment quand certains éléments d’explication nous manquent, mais on évite de faire des hypothèses trop manifestement contraires aux observations qu’on a pu faire. Et quand le raisonnement conduit à des conclusions incohérentes avec les observations, on ne présente pas ces conclusions comme des résultats applicables à la réalité, comme votre Modigliani et votre Miller ; on modifie les hypothèses jusqu’à ce que les résultats soient en accord avec les observations.&lt;br /&gt;&lt;b&gt;E :&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; Mais c’est exactement ce que font les économistes…&lt;br /&gt;&lt;b&gt;JP :&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; Je veux bien vous croire, mais vous partez de beaucoup trop loin pour nous. Votre modèle est encore trop éloigné de la réalité, et les différences trop grossières pour que cette démarche nous soit vraiment utile, à tel point que les praticiens de l’économie ne voient pas pourquoi ils perdraient leur temps à vous suivre.&lt;br /&gt;Ce que vous redécouvrez progressivement, je le sais depuis longtemps. Je n’en comprends pas forcément toutes les raisons et les mécanismes sous-jacents, ni comment tous ces mécanismes se combinent dans des situations réelles. Nous autres pauvres gestionnaires aimerions bien pouvoir compter sur vous pour nous éclairer. Mais pour que nous vous écoutions, il faudrait que votre langage ne soit pas trop éloigné du nôtre, et que les questions que vous posez soient les nôtres. Donc, désolé, mais en attendant que votre démarche vous ait enfin conduits dans le monde où nous vivons tous les jours, nous continuerons à naviguer à l’estime.&lt;br /&gt;Notre dialogue serait infiniment plus facile et constructif si vous acceptiez de partir de notre réalité quotidienne pour construire vos modèles, et non d’hypothèses qui sont pour nous non seulement arbitraires, mais aberrantes. C’est bien d’ailleurs ce que faisaient vos grands anciens, Adam Smith, Jean-Baptiste Say, non ? Je me demande combien de temps Messieurs Modigliani et Miller ont passé à observer sur le terrain comment les dirigeants d’entreprise et leurs directeurs financiers prennent leurs décisions de financement.&lt;br /&gt;Et permettez-moi de vous poser une question : comment est-il possible qu’on donne un prix Nobel pour un « théorème » censé concerner la finance d’entreprise et qui est aussi manifestement contraire à la réalité vécue par les entreprises elles-mêmes ?&lt;br /&gt;&lt;b&gt;E :&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; Parce que, même si ça n’est pas directement utilisable, c’est une étape importante dans le progrès des connaissances.&lt;br /&gt;&lt;b&gt;JP :&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; … dans le progrès des connaissances de gens qui ne connaissent pas suffisamment la réalité des phénomènes qu’ils prétendent expliquer, peut-être. Mais pour ceux qui sont sur le terrain et qui agissent pour créer ces phénomènes, c’est plutôt risible. Et je dois dire qu’à la réflexion, je me pose des questions sur les membres du jury Nobel…&lt;br /&gt;Maintenant excusez-moi, je dois vous quitter : je vois là-bas au buffet un gros investisseur que je voudrais bien convaincre d’entrer dans mon capital. Je vous laisse ma carte, au cas où vous voudriez continuer cette conversation avec mon directeur financier.&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;fin du dialogue&lt;/i&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3663905631233247408-2335236386740552358?l=gdrean.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://gdrean.blogspot.com/feeds/2335236386740552358/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2010/12/capital-et-dette-ou-dialogue-sur-le.html#comment-form' title='18 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/2335236386740552358'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/2335236386740552358'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2010/12/capital-et-dette-ou-dialogue-sur-le.html' title='Capital et dette, ou dialogue sur le financement de La Poste, où on parle de Modigliani (Franco, pas Amedeo) et Miller (Merton, pas Marcus)'/><author><name>Gérard Dréan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13847222757419959561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_jhzxtrawyYY/SZVhv-mTPgI/AAAAAAAAAAM/8Af6-Sy6AgA/S220/moiphoto2.gif'/></author><thr:total>18</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3663905631233247408.post-5263771327002543777</id><published>2010-11-11T20:33:00.001+01:00</published><updated>2010-11-11T20:54:59.680+01:00</updated><title type='text'>Orthodoxie et hétérodoxies - sur un papier de Bernard Walliser</title><content type='html'>Le 4 novembre, au Cercle d’Epistémologie Economique d’Annie Cot, Bernard Walliser a présenté un papier très intéressant intitulé « La cumulativité du savoir en économie ». Je voudrais ici réagir au raccourci de l’histoire de la pensée économique par lequel se termine ce papier, et que je résume en extrayant quelques paragraphes :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;3.1. La cohabitation de paradigmes (1870 -1950)&lt;br /&gt;Cette première période se caractérise par la coexistence de paradigmes multiples, nés en des moments et en des lieux différents. Ainsi, voit-on se développer et se diffuser successivement le paradigme classique, le paradigme autrichien, le paradigme marxiste et le paradigme keynésien.&lt;br /&gt;3.2. Le règne des modèles (1950-2000)&lt;br /&gt;Cette deuxième période voit une convergence progressive des paradigmes concurrents vers une synthèse néo-classique. D’une part, la théorie des jeux, qui vient d’être mise au point  fournit d’emblée un cadre générique d’analyse des interactions sociales. D’autre part, les paradigmes keynésien et marxiste, sinon autrichien, se voient réinterprétés dans le cadre classique devenu dominant, non sans une ‘réduction’ plus ou moins brutale. En sens inverse, cette synthèse néo-classique devient beaucoup plus molle et nuancée dans les principes qu’elle affirme. Le modèle d’équilibre concurrentiel est tempéré par l’introduction d’une concurrence imparfaite, d’une information imparfaite, de rendements croissants et d’externalités. Même la théorie des jeux se diversifie par l’introduction dans une première vague du temps et de l’incertitude, puis dans une seconde vague des croyances ou de l’apprentissage des joueurs.&lt;br /&gt;3.3. L’essor des expérimentations (2000 -….)&lt;br /&gt;Cette troisième période ne voit plus d’affrontements véritables entre paradigmes, l’orthodoxie ayant assimilé la plupart des hétérodoxies. S’il apparaît toujours des ‘programmes de recherches’ novateurs, ils se développent sur les marges de l’économie dominante et en constituent des extensions plus que des contradictions. Il en est ainsi du programme cognitiviste, qui met l’accent sur les croyances des acteurs, du programme évolutionniste qui insiste sur les processus d’apprentissage et d’évolution, et du programme institutionnaliste, qui met en avant le rôle organisateur des institutions. L’économie orthodoxe s’amollit elle-même en adoptant des spécifications de plus en plus faibles de ses principes (rationalité limitée, équilibres diversifiés). Le modèle walrasien de concurrence pure et parfaite peut encore servir de modèle de référence, mais il ne constitue plus le noyau dur de la discipline. Quant à la théorie des jeux, son rôle de cadre ontologique général en perpétuelle évolution n’est plus désormais contesté dans son esprit.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai pu constater que le constat de Walliser « &lt;i&gt;l’orthodoxie [a] assimilé la plupart des hétérodoxies&lt;/i&gt; » est partagé par bien des économistes « mainstream », qui en font un grand sujet de fierté et pensent avoir ainsi définitivement vaincu toutes les hétérodoxies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais il faut y regarder de plus près. D’abord, toutes les hétérodoxies n’ont pas le même statut. L’orthodoxie actuelle est héritière de la « synthèse néoclassique » opérée dans les années 1930 entre une source principale walrasienne, la théorie de l’équilibre général, et une source secondaire keynésienne qui a instauré la séparation entre macro-économie et micro-économie. Faire commencer l’histoire en 1870 occulte le fait que &lt;a href="http://gdrean.blogspot.com/2010/01/mon-histoire-de-la-pensee-economique.html"&gt;la tradition walrasienne s’est constituée en rupture avec la tradition classique qui lui préexistait, et dont la tradition autrichienne devenue hétérodoxe a conservé les principes&lt;/a&gt;. Rappelons aussi que la tradition marxiste, également considérée comme une hétérodoxie, est née en 1848 dans la continuité d’une partie de l’école classique anglaise, et existait aussi avant la naissance de ce qui est devenu l’orthodoxie actuelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mécanisme que décrit Walliser « &lt;i&gt;L’évolution des modèles économiques procède par généralisations successives, selon deux processus parallèles. D’une part, un ‘affaiblissement’ du modèle le dote d’une spécification plus faible (introduction de nouvelles variables, forme analytique plus générale), l’ancien modèle devenant un cas particulier du nouveau&lt;/i&gt; » est le schéma kuhnien dans lequel on découvre des faits nouveaux incompatibles avec l’orthodoxie du moment, et où le modèle orthodoxe existant est modifié pour rendre compte de ces faits nouveaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais la liste que donne Walliser d’éléments un temps hétérodoxes qui ont été intégrés dans la pensée orthodoxe – la concurrence imparfaite, l’information imparfaite, la rationalité limitée, les rendements croissants, les externalités, le temps, l’incertitude, les croyances, l’apprentissage – ne sont nullement des faits nouveaux, mais des faits qui étaient connus depuis des siècles et pris en compte par les économistes classiques et que l’économie walrasienne avait éliminé de son champ de vision. Nous n’avons pas ici une hétérodoxie qui apparaît postérieurement à l’orthodoxie, et est absorbée par elle conformément au schéma kuhnien, mais un paradigme qui préexistait à l’orthodoxie actuelle et était même l’orthodoxie de l’époque, et a été ultérieurement refoulé dans l’hétérodoxie par ce qui est devenu la nouvelle orthodoxie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autrement dit, cette assimilation progressive des hétérodoxies est en réalité un mouvement de retour vers les positions classiques. Vis-à-vis de ce mouvement, l’« hétérodoxie » autrichienne joue un rôle très particulier. Lors de l’acte fondateur du marginalisme des années 1870, Menger s’est opposé à Walras, qui voulait refonder l’économie sur de nouvelles bases, alors que Menger restait fidèle aux conceptions épistémologiques des classiques. Ses successeurs allaient préciser et affirmer ces conceptions face au paradigme walrasien, jusqu’à leur donner une expression radicale avec Mises. Les positions initiales de l’orthodoxie actuelle et les positions autrichiennes s’opposaient alors frontalement. Dans le mouvement que décrit Walliser, les positions orthodoxes actuelles se situent quelque part entre les anciennes positions walrasiennes et les positions autrichiennes, et se rapprochent progressivement de ces dernières.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’où un certain nombre de questions :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusqu’où le mouvement en cours se poursuivra-t-il ? Jusqu’où peut aller l’assimilation des hétérodoxies par l’orthodoxie ? Ira-t-on jusqu’à revenir sur ces questions fondamentales aux positions autrichiennes exprimées par Mises ? Et quel que soit le point d’arrivée, qu’aura-t-on gagné à ce gigantesque détour d’un siècle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ou butera-t-on sur un noyau dur d’incompatibilités ? Qu’est-ce qui constitue le noyau dur de la nouvelle orthodoxie ? En a-t-elle-même un qui ne puisse en aucun cas être remis en cause ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(On pourrait d’ailleurs se poser la même question à propos du marxisme, qui préexistait lui aussi à l’orthodoxie du XXe siècle et était également un héritier direct d’une partie de l’école classique, anglaise cette fois, alors que l’école autrichienne est héritière de l’école classique française.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En première analyse, on peut penser que cet hypothétique noyau dur contient les caractéristiques de l’orthodoxie dont Walliser écrit qu’elles sont des « conditions particulièrement favorables à la cumulativité du savoir ». A quel point ces caractéristiques sont-elles compatibles avec les « hétérodoxies » qu’elles permettent d’assimiler, à commencer par les thèses classico-autrichiennes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. « &lt;i&gt;la représentation du système économique en termes de coordination entre acteurs.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Pas de différence avec la position autrichienne qui prône l’individualisme méthodologique. Mais pour être complètement compatible l’orthodoxie devrait renoncer à la dichotomie micro-macro et considérer les phénomènes sociaux (macro) comme émergents des actions individuelles (micro), toute l’économie étant dans le passage d’un niveau à l’autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2. « &lt;i&gt;Toute situation observable est invariablement analysée comme un état d’équilibre temporaire entre des agents supposés suffisamment rationnels.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Ici, il semble y avoir une différence de fond, la tradition autrichienne considérant les situations d’équilibre comme de simples constructions imaginaires non réalisables et ne faisant aucune hypothèse de rationalité des agents. Mais cette différence n’est qu’apparente. L’usage des termes « équilibre » et « rationnel » par l’orthodoxie est de plus en plus un abus de langage. Si l’équilibre est temporaire et peut se déplacer d’un moment à l’autre, et si la « rationalité » devient de plus en plus limitée, il vaudrait mieux dire « Toute situation observable est analysée comme un état résultant des actions des agents mus par leurs motivations individuelles », ce qui est la position autrichienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3. « &lt;i&gt;Les transformations des biens comme les transactions sur les biens se présentent comme des opérations aux caractéristiques facilement observables.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Surtout, toutes les données élémentaires sont prétraitées pour donner naissance à des ‘faits stylisés’, qui sont autant de régularités empiriques auxquelles satisfont les données. Il peut s’agir aussi bien de trends ou de cycles réguliers dans l’évolution des grandeurs, que de corrélations apparentes entre diverses grandeurs.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Les autrichiens sont d’accord sur la première phrase, mais pensent que l’observation ne doit pas porter uniquement sur les phénomènes sociaux pour en déduire des faits stylisés. L’économiste doit aussi observer les actions individuelles pour établir des faits bruts. Plus précisément, les faits stylisés font parte de l’&lt;i&gt;explanandum&lt;/i&gt;, alors les faits bruts de l’action individuelle, dont l’étude est ce que Mises appelle « praxéologie », forment l’&lt;i&gt;explanans&lt;/i&gt; de l’économie. Sans cette solide assise, toutes les théories économiques reposent sur du vide. C’est une différence fondamentale entre les sciences de la nature et les sciences humaines que soulignent les autrichiens, comme les classiques : dans les sciences de la nature, l’&lt;i&gt;explanans&lt;/i&gt; n’est pas observable ; dans les sciences humaines  il l’est en partie, et il serait absurde de se priver de cette connaissance.&lt;br /&gt;Certes, les économistes pourraient se dispenser de réinventer la roue à travers de pseudo-disciplines comme la « neuro-économie », et accepter de se reposer sur les autres sciences comme la psychologie. Mais l’important est que l’économie retrouve des fondements solides, sous la forme d’un modèle de l’être humain cohérent avec la réalité observable, ce vers quoi la poussent à la fois « l’essor des expérimentations » et le « rapprochement de l’économie avec les autres sciences sociales » qu’annonce Walliser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4. « &lt;i&gt;la méthodologie consensuelle à base de schémas conceptuels exprimés dans un langage formel.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;C’est le point sur lequel l’écart est le plus grand, sachant que le langage formel auquel pense Walliser est celui des mathématiques, alors que pour les autrichiens comme pour les classiques, l’usage des mathématiques est inapproprié, fondamentalement parce que les grandeurs économiques ne sont pas mesurables. Mises va jusqu’à écrire : « &lt;i&gt;The mathematical method must be rejected not only on account of its barrenness. It is an entirely vicious method, starting from false assumptions and leading to fallacious inferences. Its syllogisms are not only sterile; they divert the mind from the study of the real problems and distort the relations between the various phenomena.&lt;/i&gt; » [Human Action, XVI, 5]&lt;br /&gt;Il faut noter que bien des développements récents que salue Walliser – le programme cognitiviste, le programme évolutionniste, le programme institutionnaliste –  n’ont pas la même révérence que le « mainstream » envers les mathématiques, et que beaucoup s’en passent. Que l’orthodoxie ne consente à les assimiler que si elle arrive à en donner une formulation mathématique (« &lt;i&gt;Un principe affaibli n’est cependant introduit que sous deux conditions nécessaires: faire l’objet d’une formalisation satisfaisante; conduire à des conséquences originales.&lt;/i&gt; ») prouve l’attachement des orthodoxes à cette formulation, mais peut être interprété comme un simple rite de passage, qui se paye d’ailleurs par une très nette restriction des idées proposées par ces courants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce mouvement d’assimilation des hétérodoxies et de retour à un modèle réaliste de l’être humain fera nécessairement ressurgir l’observation des classiques, affirmée avec force par les autrichiens, qu’en économie le plus fondamental et le plus important n’est pas quantifiable, ce qui fonde le dualisme méthodologique et le refus de la formalisation mathématique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;In fine&lt;/i&gt;, sans aller jusqu’à la condamnation sans appel de Mises, les mathématiques seront enfin prises pour ce qu’elles sont : un simple outil, approprié à certains usages et pas à d’autres, et qu’il convient d’utiliser avec prudence et circonspection.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La boucle sera alors bouclée, et on pourra rêver aux progrès qu’aurait pu faire l’économie si les meilleurs esprits qui s’y sont consacrés ne s’étaient pas laissé égarer par Walras et ses émules.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3663905631233247408-5263771327002543777?l=gdrean.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://gdrean.blogspot.com/feeds/5263771327002543777/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2010/11/orthodoxie-et-heterodoxies-sur-un.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/5263771327002543777'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/5263771327002543777'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2010/11/orthodoxie-et-heterodoxies-sur-un.html' title='Orthodoxie et hétérodoxies - sur un papier de Bernard Walliser'/><author><name>Gérard Dréan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13847222757419959561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_jhzxtrawyYY/SZVhv-mTPgI/AAAAAAAAAAM/8Af6-Sy6AgA/S220/moiphoto2.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3663905631233247408.post-8547758817214084151</id><published>2010-07-27T17:06:00.000+02:00</published><updated>2010-07-27T17:06:32.355+02:00</updated><title type='text'>Libéralisme</title><content type='html'>Une conversation sur Facebook avec Econoclaste, qui avait commencé avec &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Chick_Corea"&gt;Chick Corea&lt;/a&gt; que nous sommes d'accord pour admirer, a dérivé vers des considérations sur l'éthique libérale et précisément libertarienne. Et là, nous ne sommes plus d'accord et je considère que Econoclaste (Alexandre ou Stéphane ?) méconnait largement ces doctrines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme je ne crois pas que Facebook est un support approprié pour la discussion sérieuse que ce sujet mérite à mon avis, j'ouvre ici un fil pour échanger avec ceux qui seront intéressés, à commencer j'espère par Econoclaste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je commence par verser au dossier &lt;a href="http://gdrean.perso.sfr.fr/articles/libsocietal.html"&gt;un article (de moi, évidemment...)&lt;/a&gt; intitulé "Qu'est-ce que le libéralisme", dont je donne les premières lignes à titre de résumé:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La véritable doctrine libérale est une grande méconnue... Le présent article a pour but d’en rappeler les fondements, tels qu’ils ont été établis et enseignés par les grands auteurs, et de dissiper les erreurs les plus courantes, par exemple :&lt;br /&gt;    * croire qu’il est possible de dissocier, voire d’opposer, un libéralisme philosophique et un libéralisme économique ;&lt;br /&gt;    * croire que le libéralisme trouve sa seule justification (ou sa condamnation) dans ses effets économiques ;&lt;br /&gt;    * croire que le libéralisme est lié à la théorie néoclassique de l’équilibre général, et en particulier aux mythes de l’homo economicus et de la concurrence "pure et parfaite"&lt;br /&gt;    * croire que le libéralisme ignore les liens sociaux ou en prône l’effacement ;&lt;br /&gt;    * croire que le libéralisme s’oppose à toute forme d’action collective.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3663905631233247408-8547758817214084151?l=gdrean.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://gdrean.blogspot.com/feeds/8547758817214084151/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2010/07/liberalisme.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/8547758817214084151'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/8547758817214084151'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2010/07/liberalisme.html' title='Libéralisme'/><author><name>Gérard Dréan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13847222757419959561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_jhzxtrawyYY/SZVhv-mTPgI/AAAAAAAAAAM/8Af6-Sy6AgA/S220/moiphoto2.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3663905631233247408.post-5584889245062883735</id><published>2010-07-27T16:41:00.000+02:00</published><updated>2010-07-27T16:41:48.832+02:00</updated><title type='text'>Economie, science et lois générales</title><content type='html'>&lt;a href="http://rationalitelimitee.wordpress.com/2010/06/28/leconomie-est-elle-une-science-morale/"&gt;Un fil de Rationalité Limitée&lt;/a&gt; intitulé au départ "L'économie est-elle une science morale ?" a dérivé vers "L'économie est-elle une science (tout court)" et "Y a -t-il des lois générales en économie ?". Le maître des lieux Cyril Hédoin a recentré le débat sur son sujet initial, comme c'est son droit le plus absolu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ceux qui voudraient poursuivre le débat (y compris j'espère Cyril lui-même), j'ouvre ici un fil pour engager un dialogue sur &lt;a href="http://gdrean.perso.sfr.fr/articles/roles%20eco.html"&gt; un article&lt;/a&gt; dans lequel j'avais abordé ces sujets à partir des positions épistémologiques classiques et autrichiennes, auxquelles j'adhère comme chacun sait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour résumer cet article, la thèse que j'y défends est que, à l'intérieur du domaine qu'on appelle l'économie, comme dans tous les autres domaines de la connaissance, il existe des sous-domaines auxquels correspondent des rôles différents pour les personnes qui s'y consacrent, et qui fonctionnent selon des règles différentes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notamment j'identifie une "économique fondamentale" qui vise à découvrir des lois universelles de l'économie, par opposition à une "économique appliquée" qui ne connaît que des "lois" contingentes.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3663905631233247408-5584889245062883735?l=gdrean.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://gdrean.blogspot.com/feeds/5584889245062883735/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2010/07/economie-science-et-lois-generales.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/5584889245062883735'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/5584889245062883735'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2010/07/economie-science-et-lois-generales.html' title='Economie, science et lois générales'/><author><name>Gérard Dréan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13847222757419959561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_jhzxtrawyYY/SZVhv-mTPgI/AAAAAAAAAAM/8Af6-Sy6AgA/S220/moiphoto2.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3663905631233247408.post-1772635286254155413</id><published>2010-05-10T15:11:00.000+02:00</published><updated>2010-05-10T15:11:19.539+02:00</updated><title type='text'>Vernon Smith et Ludwig von Mises</title><content type='html'>Dans &lt;a href="http://rationalitelimitee.wordpress.com/2010/05/03/la-lecture-du-debut-de-semaine-2/#comment-3297"&gt;une discussion sur Rationalité Limitée&lt;/a&gt;, je fais référence à &lt;a href="http://go2.wordpress.com/?id=725X1342&amp;site=rationalitelimitee.wordpress.com&amp;url=http%3A%2F%2Fdocs.google.com%2Ffileview%3Fid%3D0B5F7IJ139_KDNWFmNWZlNWQtMmIzMS00OTg0LTk5NjItN2MwMzJmZmUzNGNi%26hl%3Den&amp;sref=http%3A%2F%2Frationalitelimitee.wordpress.com%2F2010%2F05%2F03%2Fla-lecture-du-debut-de-semaine-2%2F%23comment-3297"&gt;un article de Vernon Smith sur Ludwig von Mises&lt;/a&gt;, qui à mon avis mérite d’être commenté plus avant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet article est d’abord un hommage sans réserve : « &lt;i&gt;[Human Action] has endured well because many of its major themes — property rights, liability rules, the efficacy of markets, the futility of interventionism, the primacy of the individual — have become important elements in microeconomic theory and policy. Moreover, these themes have become important because of Mises, Hayek, and others on the fringe (e.g.,Coase ,Alchian, North, Buchanan, Tullock, Stigler,and Vickrey, to name a few) and not because of mainstream economic theory.&lt;/i&gt; ». Et au total, dit Vernon Smith, « &lt;i&gt;Mises’ basic message as to how economies function is as good to day as it was then.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Smith se déclare ainsi ouvertement misesien, et avance une idée qui m’est chère : que des éléments fondamentaux des thèses autrichiennes prennent progressivement une place dominante dans l’économie « mainstream » grâce à des auteurs dont on ne sait pas trop s’ils ont redécouvert ces thèses de façon  indépendante ou s’ils les ont puisées chez les auteurs autrichiens. Notons au passage qu’il en oublie, ne serait-ce que Simon dont les apports ressemblent furieusement à ceux d’un Mises ou d’un Kirzner. Mais peu importe. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela dit, il ajoute immédiatement : « &lt;i&gt;There is plenty in Mises to update because of things we think we now know that we did not know 50 years ago.&lt;/i&gt; ». A partir de ses propres travaux et de l’évolution des neurosciences, il aborde cinq points :&lt;br /&gt;1. l’économie peut-elle être une science expérimentale?&lt;br /&gt;2. l’évolution de l’esprit primitif&lt;br /&gt;3. action consciente et action inconsciente&lt;br /&gt;4. le rôle de la raison et des émotions dans les décisions&lt;br /&gt;5. les fondements de la coopération entre humains&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur les points 2, 4 et 5, il prend grand soin de dire que ses remarques n’invalident nullement les positions de Mises, mais les complètent voire les confortent. Tout juste ajoute-t-il que Mises sous-estime le rôle constructif des émotions dans l’action, et que le fondement de la coopération entre humains n’est pas seulement la division du travail, mais aussi le langage et la réciprocité. Mais il s’empresse de préciser que ça ne change pas la position de fond (« &lt;i&gt;none of this changes the import of Mises’ argument&lt;/i&gt; »)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les deux autres questions semblent a priori plus épineuses. Toute l’œuvre de Vernon Smith s’inscrit en faux contre la phrase de Mises : « &lt;i&gt;No laboratory experiments can be performed with regard to human action.&lt;/i&gt; », qui est pourtant un des fondements de la méthodologie autrichienne (et classique). Prise littéralement et hors contexte, la phrase de Mises est bien évidemment fausse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soucieux de réconcilier sa propre position avec celle de Mises, Smith propose une réponse facile : « &lt;i&gt;My view is that the reason economics was believed to be a non experimental science was simply that almost no one tried or cared.&lt;/i&gt; » Ma réponse, presque aussi facile, s’appuie sur la démarcation que trace Mises entre la psychologie et l’économie (ou plutôt la praxéologie dont pour lui l’économie est une branche) : « &lt;i&gt;The theme of psychology is the internal events that result or can result in a definite action. The theme of praxeology is action as such.&lt;/i&gt; » Donc pour Mises, ce que Smith appelle « économie expérimentale » est en réalité de la &lt;b&gt;psychologie&lt;/b&gt; expérimentale, puisqu’elle vise à construire une théorie des comportements individuels (« &lt;i&gt;how brains work&lt;/i&gt; »). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les autrichiens ne prétendent nullement que ce travail ne doit pas être fait, bien au contraire, mais ils s’en remettent pour cela aux psychologues. J’en concluais qu’il n’y a pas de contradiction dans la position autrichienne, ni entre elle et la position de Vernon Smith, et que, tout en le rangeant au rayon psychologie, Mises applaudirait le travail de son disciple Vernon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la réflexion, je n’en suis plus tellement sûr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, tous deux considèrent que la théorie économique doit reposer sur un modèle du comportement humain individuel qui soit conforme à l’observation de la réalité, ce qui disqualifie &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; le modèle de l’&lt;i&gt;homo economicus&lt;/i&gt; et l’hypothèse de rationalité qui va avec. Mais alors que Smith s’attaque à la recherche de cette connaissance psychologique pour construire ce modèle via l’expérimentation sans s’occuper des frontières disciplinaires, Mises essaie de faire l’économie de cette étape. Pour lui, étant donné que les humains sont doués de libre arbitre et extraordinairement divers, tout modèle reposant sur des considérations psychologiques est condamné à ne pas être suffisamment général pour servir de base à la théorie économique générale qu’il ambitionne de construire. C’est pourquoi il fonde la praxéologie sur des axiomes purement logiques apodictiquement vrais, c’est-à-dire dont la négation constitue une contradiction performative.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu’aurait-il dit des résultats de Vernon ? Il aurait d’abord voulu vérifier qu’ils sont cohérents avec ses propres axiomes de l’action, et ensuite savoir dans quelles circonstances et pour quels acteurs ils sont valides avant de les utiliser comme données utilisables dans ces circonstances et pour ces acteurs (« &lt;i&gt;For praxeology, data are the bodily and psychological features of the acting men, their desires and value judgments, and the theories, doctrines, and ideologies they develop in order to adjust themselves purposively to the conditions of their environment and thus to attain the ends they are aiming at.&lt;/i&gt; »)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autrement dit, en écrivant sa fameuse phrase « &lt;i&gt;No laboratory experiments can be performed with regard to human action.&lt;/i&gt; », Mises a été un peu rapide. Il en va de même pour une autre phrase également souvent citée hors contexte : « &lt;i&gt;Human action is necessarily always rational &lt;/i&gt;», qu’il vide fort heureusement de toute substance quelques paragraphes plus loin en écrivant : « &lt;i&gt;The teachings of praxeology and economics are valid for every human action without regard to its underlying motives, causes, and goals.&lt;/i&gt; », ce qui résoud aussi la contradiction que pointe Smith à propos de la distinction que fait Mises entre action consciente et action inconsciente. Au total, que l’action soit consciente ou non, qu’elle soit « rationnelle » ou non, ne change rien aux conclusions de Mises, ce que Smith résume en : « &lt;i&gt;He [Mises] wants to claim that human action is consciously purposeful. But this is not a necessary condition for his system.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au total, les commentaires de Vernon Smith, loin de réfuter Mises, le confirment et le complètent.  Ça devrait donner à réfléchir à tous ceux qui n’ont que mépris pour Mises et ses émules, et peut-être même donner à quelques-uns de ses critiques (on peut rêver…) l’idée de le lire…&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3663905631233247408-1772635286254155413?l=gdrean.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://gdrean.blogspot.com/feeds/1772635286254155413/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2010/05/vernon-smith-et-ludwig-von-mises.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/1772635286254155413'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/1772635286254155413'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2010/05/vernon-smith-et-ludwig-von-mises.html' title='Vernon Smith et Ludwig von Mises'/><author><name>Gérard Dréan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13847222757419959561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_jhzxtrawyYY/SZVhv-mTPgI/AAAAAAAAAAM/8Af6-Sy6AgA/S220/moiphoto2.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3663905631233247408.post-4699267936710770769</id><published>2010-03-01T13:39:00.002+01:00</published><updated>2010-03-01T13:57:47.637+01:00</updated><title type='text'>Un exercice (élémentaire) d'économie monétaire</title><content type='html'>&lt;a href="http://forum.econoclaste.free.fr/read.php?5,11085,page=1"&gt;Le forum Econoclaste&lt;/a&gt; propose cet exercice aux élèves de 1ere année d’économie monétaire&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Anne et Bernard sont sur une île. Une monnaie va-t-elle émerger suite à leurs échanges ?&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;Je propose ici une réponse, qui peut servir à faire comprendre au grand public (et pas seulement aux élèves de 1ere année d’économie monétaire) quelques notions fondamentales liées à la monnaie. Et pour que ça dépasse un peu le niveau de première année, j’y ajouterai une deuxième question : « généralisez au cas d’un grand nombre de personnes ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour la première question, il faut bien sûr supposer qu’au début de l’exercice, Anne et Bernard n’ont aucune notion de monnaie.&lt;br /&gt;Anne et Bernard peuvent s’organiser&amp;nbsp; de plusieurs façons. Ils peuvent décider de vivre chacun de son côté, chacun subvenant entièrement à ses besoins. Il ne font pas d’échanges, et n’ont donc pas besoin de monnaie. Nous appellerons cette situation l’autarcie.&lt;br /&gt;A l’opposé, ils peuvent se mettre en couple et tout partager sans compter. Comme ils ne comptent pas, ils n’ont pas besoin non plus de monnaie. Nous appellerons cette situation la communauté.&lt;br /&gt;Ils peuvent aussi décider de se rendre des services, tout en restant à chaque instant libres de le faire ou non. Nous appellerons cette situation la société.&lt;br /&gt;Dans ce dernier système, Anne et Bernard voudront probablement conserver une trace des services qu’ils se sont rendus, ne serait-ce que pour savoir si la situation est équitable, ou si l’un est redevable à l’autre, et dans quelles proportions. Comme ces services ont des importances très différentes, ils doivent convenir d’une unité de valeur (ou de compte), et de la valeur dans cette unité de chaque service qu’ils se rendent. Ils ouvriront un registre avec une colonne pour chacun, et quand l’un rendra un service à l’autre, ils en inscriront la valeur dans la colonne correspondante. Ils pourront ainsi voir en permanence lequel est débiteur de l’autre, et a donc le droit de lui demander un service.&lt;br /&gt;Pour éviter d’avoir à tenir et à consulter régulièrement ce grand registre, ils peuvent matérialiser leur unité de valeur par un objet matériel. Chaque fois que l’un rend un service à l’autre, ce dernier lui remet une quantité de cet objet égale à la valeur du service que le premier lui a rendu. A chaque instant, chacun détient une quantité de cet objet qui représente la différence entre la valeur des services que l’autre lui a rendus et la valeur des services qu’il a rendus à l’autre, et donc la valeur des services que l’autre lui doit et qu’il peut obtenir en échange de cet objet.&lt;br /&gt;Puisque tous les échanges entre Anne et Bernard font intervenir cet objet, il s’agit bien d’une monnaie. L’objet qu’ils ont choisi remplit bien en effet les trois fonctions d’une monnaie : moyen d’échange, unité de compte, réserve de valeur. Mais il faut bien voir qu'il ne s'agit que d'une façon commode de tenir leurs comptes, et que leurs échanges eux-mêmes se passeront de la même façon qu'avec la méthode du registre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc oui, une monnaie peut émerger, mais il est impossible de dire si elle émergera ou non. Ça dépend en particulier des relations affectives entre Anne et Bernard, ainsi que de leur imagination. Cette impossibilité de faire des prévisions certaines est une limitation intrinsèque aux sciences humaines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Digression : Quel genre d’objet Anne et Bernard vont choisir pour leur servir de monnaie ?&lt;br /&gt;- Premièrement, il faut qu’il existe en de nombreux exemplaires identiques, pour pouvoir représenter les différentes valeurs des services que se rendent Anne et Bernard.&lt;br /&gt;- Deuxièmement, il faut qu’il ne soit pas périssable, pour que chacun puisse le conserver aussi longtemps qu’il le souhaite.&lt;br /&gt;- Enfin, il faut qu’on ne puisse pas en obtenir autrement qu’en rendant un service à l’autre, donc qu’il soit impossible d’en créer de nouveaux. Sinon, si c’était par exemple de simples cailloux, chacun pourrait en ramasser autant qu’il le veut pour obtenir de l’autre des services sans contrepartie.&lt;br /&gt;Et pourtant il faut bien commencer, et donc il faut qu’une certaine quantité de cet objet existe avant qu’Anne et Bernard commencent à l’utiliser comme monnaie. Ils peuvent soit trouver quelque chose qui existe en quantité limitée et qui n’appartient à aucun des deux, et se le répartir à parts égales, soit fabriquer des instruments spécifiques facilement identifiables et convenir qu’ils n’en créeront plus, soit choisir quelque chose que les deux possèdent, mais dont il est impossible de créer de nouveaux exemplaires (donc vraisemblablement ce qu’ils possèdent de plus précieux puisqu’ils s’en sont approprié tout ce qui existe).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Passons maintenant à la deuxième question : « généralisez au cas d’un grand nombre de personnes ».&lt;br /&gt;Pour un nombre de personnes supérieur à deux, les mêmes choix d’organisation sociale sont théoriquement possibles.&lt;br /&gt;Passons sur les deux modèles où la monnaie n’a aucune raison d’exister. Le modèle autarcique est en fait la négation de la société. Le modèle de la communauté reste possible, et sera très probablement le premier adopté si de nouvelles personnes viennent s’ajouter à un groupe fonctionnant déjà sur ce modèle. Mais il atteindra vite ses limites, car il exige que les personnes soient liées ou par des liens affectifs très forts, ou par une autorité contraignante, ou plus généralement les deux. Au fur et à mesure que le groupe grandira en taille, les liens affectifs se distendront et le groupe ne pourra subsister que si l’autorité devient de plus en plus contraignante, ce qui provoquera probablement l’éclatement du groupe en groupes indépendants.&lt;br /&gt;Une société fonctionnant grâce à des comptes centralisés poserait des problèmes pratiques redoutables : comment tenir ces comptes pour un grand nombre de personnes, et comment permettre à chaque personne de les consulter à volonté ? Ce modèle n’a jamais existé dans la réalité. Pour des groupes importants, il évoluerait probablement vers une centralisation non seulement des comptes eux-mêmes, mais des décisions d’échange, qui relèveraient alors d’une autorité centrale suffisamment forte pour les imposer. C’est d’une certaine façon le régime de la planification centralisée.&lt;br /&gt;Au contraire, le système monétaire peut fonctionner quelle que soit la dimension de la société. De plus, en décentralisant les échanges et en permettant à chacun de se déterminer sans recourir à une instance centrale, l’utilisation de la monnaie est un facteur essentiel de liberté. Enfin, l’utilisation de la monnaie&amp;nbsp; permet les échanges indirects multilatéraux : si Anne rend un service à Bernard qui lui remet en échange de la monnaie, Bernard peut maintenant proposer cette monnaie à Claude en échange d’un service, et Claude pourra à son tour la proposer à Dominique, etc. L’utilisation de la monnaie rend possible des échanges de services qui ne se seraient pas produits autrement, alors que dans une société réduite à deux personnes, elle ne modifie pas les échanges qu’elles sont capables et désireuses de faire.&lt;br /&gt;L'utilisation de la monnaie est donc nécessaire à la coopération sociale étendue à l'intérieur de groupes de grandes dimensions, et donc au progrès technique et social.&lt;br /&gt;De fait, les humains ont d’abord vécu en petits groupes fonctionnant en communauté (famille, clan, tribu), au sein desquels les individus sont liés par des liens affectifs de type familial, entretenu par des rituels de nature religieuse, et généralement soumis à une autorité forte (le père, la mère, le chef de clan ou de tribu). En revanche, les relations entre communautés ont fonctionné selon le modèle autarcique, chaque communauté subvenant à ses propres besoins. Cet état primitif reste d’ailleurs celui d’une grande partie de l’humanité, y compris à l'intérieur même de sociétés avancées, et certains soi-disant penseurs voudraient nous y voir revenir.&lt;br /&gt;Dans cette forme de société ont émergé d’une part des unités de compte à l’usage interne de chaque communauté, et d’autre part des monnaies pour les échanges entre communautés, dont l’usage était évidemment réservé à la petite minorité des individus qui étaient en rapport avec les autres communautés, c’est-à-dire les chefs et les marchands. Comme les relations entre communautés étaient d’abord rares et méfiantes, les instruments d’échange devaient avoir une valeur intrinsèque universelle, ce qui a renforcé le choix des matières précieuses.&lt;br /&gt;L’usage de la monnaie s’est ensuite généralisé en réponse à deux motivations profondes des individus :&lt;br /&gt;- s’affranchir de la contrainte exercée par les pouvoirs au sein des sociétés de forme tribale,&lt;br /&gt;- commercer librement avec des individus appartenant à d’autres communautés.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3663905631233247408-4699267936710770769?l=gdrean.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://gdrean.blogspot.com/feeds/4699267936710770769/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2010/03/un-exercice-elementaire-deconomie.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/4699267936710770769'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/4699267936710770769'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2010/03/un-exercice-elementaire-deconomie.html' title='Un exercice (élémentaire) d&apos;économie monétaire'/><author><name>Gérard Dréan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13847222757419959561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_jhzxtrawyYY/SZVhv-mTPgI/AAAAAAAAAAM/8Af6-Sy6AgA/S220/moiphoto2.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3663905631233247408.post-8578699516244303346</id><published>2010-01-18T14:26:00.024+01:00</published><updated>2010-01-18T15:00:12.847+01:00</updated><title type='text'>Qu’est-ce que le libéralisme, au juste ?</title><content type='html'>J’ai lu avec un intérêt tout particulier le &lt;a href="http://www.amazon.fr/Quest-ce-que-lib%C3%A9ralisme-Ethique-politique/dp/207034973X/ref=sr_1_2/279-0815009-1009660?ie=UTF8&amp;amp;s=books&amp;amp;qid=1263821778&amp;amp;sr=1-2"&gt;livre récent&lt;/a&gt; de Catherine Audard «&amp;nbsp;Qu’est-ce que le libéralisme&amp;nbsp;?&amp;nbsp;». En effet, un an plus tôt, j’avais publié un &lt;a href="http://docs.google.com/View?id=dg5kb8m3_2hjjj48fq"&gt;article éponyme&lt;/a&gt; à peu près 30 fois plus court, qui me semblait donner une réponse plus que complète à cette question. Que pouvait-elle dire de plus, ou de différent,en 840 pages&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le livre commence bien. Sa description du libéralisme classique tel que défini par Locke souligne bien ses origines, ses fondements éthiques et non économiques et ses présupposés anthropologiques optimistes, et non pessimistes comme les antilibéraux le disent trop souvent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais voilà, tout ça est dit alors que nous avons à peine dépassé la page 70. Et la suite se gâte. Passons sur la prééminence donnée aux auteurs anglophones en ne faisant pas leur juste place aux penseurs libéraux français. Plus le livre avance, plus il présente comme libérales des doctrines différentes, ce qui est conforme à l’évolution des usages du mot mais aboutit à couvrir d’une même étiquette des notions différentes voire incompatibles et même opposées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On y mélange l’histoire des idées et l'histoire des usages du mot, le libéralisme en tant que philosophie et le libéralisme en tant que programme politique. La philosophie est certes influencée par l'environnement intellectuel du moment, mais elle vise une doctrine indépendante des circonstances de temps et de lieu, alors que tout programme politique est déterminé par les circonstances. L’une décrit un idéal de société, l’autre propose des actions qui ont quelque chance de faire passer une société particulière de son état actuel à un état un peu plus proche de cet idéal. Une même personne peut professer que le niveau de prélèvements obligatoires ne doit pas dépasser 10% de la richesse produite, et proposer dans le même temps un programme (immédiatement étiqueté «&amp;nbsp;ultralibéral&amp;nbsp;») qui fait passer ce niveau de 56% à 50%&amp;nbsp;; ça ne veut pas dire qu'elle pense que 50% est le bon niveau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autre confusion&amp;nbsp;: entre le domaine de la morale individuelle et celui de l’organisation sociale. Entre dire «&amp;nbsp;il faut faire telle chose&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;untel (l’Etat en l’occurrence) doit contraindre à faire telle chose&amp;nbsp;», il y a toute l’épaisseur d’un énorme problème philosophique dont la réponse définit justement le libéralisme. Or Catherine Audard, en posant la question de la solidarité, semble reprocher au libéralisme classique de ne pas bien répondre à la question de la cohésion de la société en ne proposant pas un idéal auquel tous se rallieraient. L’exposé glisse ainsi progressivement vers un éloge de la social-démocratie, de la solidarité et des droits positifs, même si l’auteur(e) revient in fine à de meilleurs sentiments en concluant que le libéralisme est nécessairement pluraliste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au bout du compte, le lecteur qui croyait (naïvement) que le livre apporterait une réponse à la question posée par son titre ressort de sa lecture plus perplexe qu’avant, si même ce n’est pas avec des idées fausses, chacun pouvant y trouver confirmation que sa doctrine préférée est le «&amp;nbsp;vrai&amp;nbsp;» libéralisme. Le titre aurait dû être «&amp;nbsp;quels sens différents a-t-on donné au mot «&amp;nbsp;libéralisme&amp;nbsp;» au cours de l’Histoire&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» ou «&amp;nbsp;variations sur le mot libéralisme&amp;nbsp;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais pour filer l’analogie musicale, si les variations sont érudites et intéressantes, quel est exactement le thème&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je propose une réponse simple&amp;nbsp;: toute doctrine qui inclut des préconisations relatives au comportement humain a une part positive – ce qu’elle dit de faire – et une part négative – ce qu’elle interdit de faire. Pour prendre des exemples dans le Décalogue, le commandement «&amp;nbsp;honore ton père et ta mère&amp;nbsp;» est positif, «&amp;nbsp;tu ne tueras pas&amp;nbsp;» est négatif. Or tout précepte, surtout s’il est positif, soulève la question&amp;nbsp;: comment traite-t-on ceux qui ne le respectent pas&amp;nbsp;? Quelle est la réponse de la doctrine&amp;nbsp;à cette dernière question&amp;nbsp;? Si c’est «&amp;nbsp;on les laisse faire, sauf si on est soi-même victime de ces actions&amp;nbsp;», la doctrine est libérale. Si c’est «&amp;nbsp;il faut que la société les force à les respecter&amp;nbsp;», elle ne l’est pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On retrouve ainsi le précepte fondamental du libéralisme&amp;nbsp;sous sa forme négative&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;aucun être humain n’a le droit de priver un autre être humain de sa liberté d’agir comme il l’entend&amp;nbsp;conformément à ses aspirations, à sa situation et à ses capacités». Ce noyau minimal de préconisations négatives est ce qui permet à des individus qui respectent des préconisations positives différentes de coexister aussi harmonieusement que possible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le problème qu’essaie de résoudre le libéralisme est&amp;nbsp;: comment des individus différents tant par leurs idéaux, leurs objectifs et leurs préférences que par leurs moyens peuvent-ils coexister pacifiquement et harmonieusement&amp;nbsp;? La réponse de Locke, qui ne posait la question qu’à propos de la seule religion, est la séparation entre pouvoir civil et pouvoir religieux. C’est une sorte de distillat de libéralisme sous la forme d’une éthique des moyens&amp;nbsp;: oui à la persuasion et à l’argumentation, non à la contrainte et à la pénalisation («&amp;nbsp;&lt;i&gt;it is one thing to persuade, another to command; one thing to press with arguments, another with penalties&lt;/i&gt;&amp;nbsp;»), que les successeurs de Locke ont généralisée à tous les domaines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'essence du libéralisme, ce n’est pas de proposer un idéal, mais de limiter les moyens que chacun, et au premier chef le pouvoir, peut utiliser pour approcher de l’idéal qu’il se propose ou que les citoyens lui demandent de réaliser. Il pose des interdits à l’action, mais ne prend pas parti sur les finalités. C’est une éthique des moyens, pas des fins. Il ne prétend pas apporter de solutions toutes faites à tous les problèmes de la société, mais laisse chacun libre de choisir ses propres solutions dans la mesure où il ne cherche pas à les imposer aux autres. C’est une doctrine surplombante, pas une doctrine totalisante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce libéralisme essentiel est compatible avec toutes les doctrines qui respectent ce noyau. Deux personnes peuvent avoir des avis opposés sur une même question, elles n’en seront pas moins toutes deux libérales si elles s’interdisent et interdisent aux autres, y compris l’Etat, de contraindre l’autre à penser et à agir comme elles le préconisent. A l’inverse, ceux qui, tout en professant que la liberté est la valeur suprême, pensent qu’on peut l’imposer par la contrainte ne sont pas libéraux, à l’image de Hobbes et Rousseau avec son célèbre «&amp;nbsp;on les forcera à être libres&amp;nbsp;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec cette clef de lecture, on peut mieux apprécier la somme de Catherine Audard. Bien sûr, si on la lit en pensant que son sujet, c’est la question posée dans le titre, alors 80 à 90% de l’ouvrage est au mieux hors sujet, au pire erroné. Mais l’erreur, c’est le titre.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3663905631233247408-8578699516244303346?l=gdrean.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://gdrean.blogspot.com/feeds/8578699516244303346/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2010/01/quest-ce-que-le-liberalisme-au-juste.html#comment-form' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/8578699516244303346'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/8578699516244303346'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2010/01/quest-ce-que-le-liberalisme-au-juste.html' title='Qu’est-ce que le libéralisme, au juste ?'/><author><name>Gérard Dréan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13847222757419959561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_jhzxtrawyYY/SZVhv-mTPgI/AAAAAAAAAAM/8Af6-Sy6AgA/S220/moiphoto2.gif'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3663905631233247408.post-1102954260440424825</id><published>2010-01-16T10:20:00.000+01:00</published><updated>2010-01-16T10:20:35.125+01:00</updated><title type='text'>Mon histoire de la pensée économique</title><content type='html'>Le histoires habituelles de la pensée économique minimisent ce qui me semble l'essentiel : que les différences les plus fondamentales entre les différentes écoles portent sur l'idée que se font les auteurs de la nature de la discipline. Vous trouverez &lt;a href="http://docs.google.com/Doc?docid=0AZF7IJ139_KDZGc1a2I4bTNfMGY2anhoZ2Qy&amp;amp;hl=en"&gt;ici mon analyse&lt;/a&gt;, sous forme d'un article publié dans le dernier numéro de &lt;a href="http://www.societal.fr/"&gt;Sociétal&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3663905631233247408-1102954260440424825?l=gdrean.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://gdrean.blogspot.com/feeds/1102954260440424825/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2010/01/mon-histoire-de-la-pensee-economique.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/1102954260440424825'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/1102954260440424825'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2010/01/mon-histoire-de-la-pensee-economique.html' title='Mon histoire de la pensée économique'/><author><name>Gérard Dréan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13847222757419959561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_jhzxtrawyYY/SZVhv-mTPgI/AAAAAAAAAAM/8Af6-Sy6AgA/S220/moiphoto2.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3663905631233247408.post-8659184711325734329</id><published>2009-12-14T13:49:00.001+01:00</published><updated>2009-12-14T13:50:20.865+01:00</updated><title type='text'>La banque libre - premier épisode</title><content type='html'>Nous voilà donc en janvier 1999. Par hypothèse, les 11 Etats de l'Union Européenne ont abrogé toutes les dispositions qui entravent le libre usage de leurs monnaies ou de toute autre forme de paiement sur leur territoire.&lt;br /&gt;(Remarque: il est clair qu'une telle décision est hautement improbable, mais il s'agit ici d'une expérience de pensée, qui aide au minimum à comprendre pourquoi les Etats se refusent à cette décision.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Leur intention est de laisser chaque citoyen libre d'utiliser la ou les monnaies qu'il préfère, et de laisser éventuellement émerger une ou des monnaies qui recueillent l'adhésion de la majorité.&amp;nbsp; Il faut donc aussi supposer que dans un premier temps les États n'interviendront pas, si ce n'est pour distendre leurs liens avec les banques centrales. Tout autre comportement serait incohérent avec leur décision initiale. Mais ils peuvent changer d'avis en cours de route et vouloir intervenir de nouveau, en constatant certaines conséquences qu'ils considéreront comme défavorables et sous la pression de leurs opinions publiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A part ça, rien n'a changé. Tous les acteurs continuent à utiliser les mêmes monnaies qu'avant. Les banques centrales existent toujours et peuvent mener chacune leur politique. Les Etats continuent à demander le paiement des impôts et à payer leurs fonctionnaires dans leurs monnaies nationales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au départ, les consommateurs et les commerçants, tout comme les banques centrales, vont d'abord vouloir que rien ne change. Dans les zones frontalières et les zones touristiques, les prix sont déjà souvent affichés en plusieurs monnaies : la monnaie locale, le dollar, la monnaie des pays des acheteurs. Il est probable que cet usage se généralisera et qu'un grand nombre de fournisseurs choisira d'afficher dans chaque pays les prix de ses produits dans plusieurs monnaies. Cette situation peut continuer à évoluer lentement, mais ce n'est ni les consommateurs, ni le commerce de détail, ni les banques centrales qui vont être à l'origine d'un mouvement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'est d'ailleurs pas impossible que cette situation perdure. On aurait ainsi prouvé que le système convient aux acteurs et que les dispositions restrictives étaient inutiles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A mon avis, les premières à réagir seront les entreprises, et d'abord évidemment les plus internationales,&amp;nbsp; qui voudront d'abord simplifier leurs règlements internes entre&amp;nbsp; établissements sans reporter les problèmes vers leurs filiales nationales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour les y aider, des banques (ou des consortiums) proposeront des systèmes de paiement électroniques (analogues à &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/TARGET"&gt;TARGET&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_STET-CORE"&gt;STET-CORE&lt;/a&gt; ou &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/SEPA"&gt;SEPA&lt;/a&gt;, mais ouverts directement à toutes les entreprises). Les comptes des entreprises adhérentes seront tenus dans une unité de compte définie par la banque, qui peut être une des 11 monnaies nationales, mais peut aussi être autre chose propre à ce système. Il y aura compensation journalière. Les soldes pourront initialement être réglés en une monnaie nationale choisie par l'entreprise dans une liste proposée par l'opérateur, mais tôt ou tard des opérateurs proposeront de les conserver en compte moyennant rémunération, ne serait-ce que pour éviter des flux monétaires superflus et des frais de gestion pour les firmes (objection de Thomas). A partir de ce moment, ces unités de compte seront devenues de fait des moyens de paiement entre entreprises sur tout le territoire de l'Union, et donc des concurrentes des monnaies nationales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il pourra exister plusieurs systèmes concurrents offrant des conditions&amp;nbsp; différentes, dont des extensions des systèmes actuellement réservés aux seules banques. Les entreprises choisiront ceux qui, tout en ayant un business model durable, leur offriront le maximum de souplesse, les conditions les plus attractives et la meilleure garantie de sécurité. Par sélection concurrentielle, il y aura convergence progressive vers un petit nombre de systèmes (et de monnaies), qui ne seront pas nécessairement ceux des banques centrales (mais si celles-ci se débrouillent bien, elles peuvent aussi bien rester dans la course).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du coup, de plus en plus d'entreprises afficheront leurs prix dans leur propre monnaie de référence sur tout le territoire de l'Union, et tenteront de pousser leurs clients à les régler dans cette même monnaie. Mais ce mouvement sera probablement plus lent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fin du premier épisode.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A suivre en tenant compte de vos commentaires&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3663905631233247408-8659184711325734329?l=gdrean.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://gdrean.blogspot.com/feeds/8659184711325734329/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2009/12/la-banque-libre-premier-episode.html#comment-form' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/8659184711325734329'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/8659184711325734329'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2009/12/la-banque-libre-premier-episode.html' title='La banque libre - premier épisode'/><author><name>Gérard Dréan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13847222757419959561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_jhzxtrawyYY/SZVhv-mTPgI/AAAAAAAAAAM/8Af6-Sy6AgA/S220/moiphoto2.gif'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3663905631233247408.post-153164578535092974</id><published>2009-12-09T21:13:00.002+01:00</published><updated>2009-12-11T13:46:36.486+01:00</updated><title type='text'>La banque libre - une expérience de pensée</title><content type='html'>Je propose ici une &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_pens%C3%A9e"&gt;expérience de pensée&lt;/a&gt; collective.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur &lt;a href="http://forum.econoclaste.free.fr/read.php?3,8919"&gt;un autre forum&lt;/a&gt; a lieu un débat assez vif sur le concept de free banking, un peu d'ailleurs malgré les réticences initiales des tenanciers du forum, et qui a tourné au dialogue de sourds.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans &lt;a href="http://forum.econoclaste.free.fr/read.php?3,8919,page=4%20"&gt;un post récent&lt;/a&gt;, j'y rappelais le principe de la banque libre : chacun a le droit de choisir de payer et d'être payé avec l'instrument de son choix. Par rapport au système actuel, il n'y a pas de cours légal et pas de privilèges d'émission.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je rappelais aussi&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;que c'est le système "naturel" qui était en place à l'origine des temps (économiques), &lt;/li&gt;&lt;li&gt;qu'un instrument d'échange universel y a émergé,&lt;/li&gt;&lt;li&gt;que de toutes les formes possibles d'instruments d'échange, celle qui a été retenue est celle qui est la plus difficile à produire, à savoir les métaux précieux,&lt;/li&gt;&lt;li&gt;que la thèse dominante des philosophes et des économistes jusqu'au XXe siècle est que ce régime est une conséquence naturelle de la liberté de paiement,&lt;/li&gt;&lt;li&gt;que ce système a été progressivement confisqué par les Etats à travers la monnaie-papier, le cours légal et les privilèges d'émission.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;Je posais donc la question : dans l'hypothèse ou le cours légal et les privilèges d'émission seraient maintenant abolis, quel système monétaire émergerait, comment et à quel rythme ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ce blog, je propose une expérience de pensée à laquelle je convie tous les intéressés. Le début du scénario est le suivant:&lt;br /&gt;En 1999, 11 pays européens, au lieu de remplacer leurs monnaies nationales par l'euro, décident que toutes leurs monnaies existantes peuvent maintenant être utilisées librement dans les 11 pays. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Concrètement, pour chaque produit, chaque fournisseur peut maintenant choisir librement les monnaies dans lesquelles il accepte d'être payé, et tout acheteur la monnaie dans laquelle il veut payer.&amp;nbsp; C'est une mise en concurrence effective des monnaies nationales existantes et de leurs producteurs les banques centrales sur l'ensemble du territoire de 11 pays, qui recrée sans toucher à l'existant les conditions "naturelles" d'origine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est une décision certes difficile à prendre et lourde de conséquences, au point qu’il est infiniment peu probable qu’elle soit prise un jour. Mais une fois prise, elle est extrêmement facile à exécuter. Sa mise en œuvre par les Etats est infiniment plus simple que ce qu'a été la mise en place de l'euro, et ça peut se faire du jour au lendemain. De plus, bien qu'étant une action de l'Etat, ça ne pose pas de problème de principe pour un libéral, puisque ça consiste à supprimer des contraintes, non à en créer de nouvelles&lt;br /&gt;.&lt;br /&gt;&amp;nbsp;La question est : que se passe-t-il ensuite ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les relations clients-fournisseurs à tous les niveaux, la monnaie de règlement devient une dimension supplémentaire de choix et de négociation. Pour les fournisseurs, le choix de la ou des monnaies de règlement devient un élément de leur stratégie concurrentielle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A mon avis, un certain nombre de choses se mettront en place quasi-immédiatement.&lt;br /&gt;&lt;ol&gt;&lt;li&gt;&amp;nbsp;Il est probable que très rapidement un grand nombre de fournisseurs choisira d'afficher dans chaque pays les prix de ses produits dans la monnaie locale, dans la monnaie du pays du fournisseur et peut-être dans une monnaie qu'il choisit comme monnaie de référence. Par exemple, en Italie, Volvo affichera les prix de ses voitures en lires, en couronnes suédoises et en marks allemands (ce qui demande que Volvo prenne position sur les taux de change qu'il estime corrects). Chaque client choisira la monnaie dans laquelle il veut régler (et s'il veut régler en dollars, ça pourra se négocier).&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Même chose pour tous les prix, notamment les salaires.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Pour pallier le problème pratique de coexistence des monnaies, les banques (et probablement d'autres entrepreneurs) offriront des services de change comme il en a toujours existé. Il est aussi probable qu'un ou plusieurs consortiums de banques proposeront des nouveaux systèmesde paiement offrant des monnaies internationales (dont une s'appellera peut-être l'euro), sans doute initialement uniquement sous forme électronique et peut-être initialement destinées aux seules entreprises, qui entreront en concurrence avec les monnaies nationales.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Chacun de ces offreurs de monnaie, y compris les banques centrales, devra faire des efforts de communication pour "vendre" sa monnaie, donc expliquer comment il la gère. De plus, il se développera une critique comparative des monnaies comme il existe une critique gastronomique, des comparatifs des produits, etc. Que choisir ouvrira une rubrique "quelle monnaie choisir ?" Des économistes publieront des ouvrages didactiques destinés au grand public. Au total, l'information du public sur les questions monétaires sera abondante et contradictoire au bon sens du mot.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;Et après ? Que feront les Etats, les banques centrales, les banques privées, les entreprises, les consommateurs&amp;nbsp;? A votre avis ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3663905631233247408-153164578535092974?l=gdrean.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://gdrean.blogspot.com/feeds/153164578535092974/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2009/12/la-banque-libre-une-experience-de.html#comment-form' title='24 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/153164578535092974'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/153164578535092974'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2009/12/la-banque-libre-une-experience-de.html' title='La banque libre - une expérience de pensée'/><author><name>Gérard Dréan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13847222757419959561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_jhzxtrawyYY/SZVhv-mTPgI/AAAAAAAAAAM/8Af6-Sy6AgA/S220/moiphoto2.gif'/></author><thr:total>24</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3663905631233247408.post-2908517460954912005</id><published>2009-12-04T12:31:00.000+01:00</published><updated>2009-12-04T12:31:31.709+01:00</updated><title type='text'>Encore une dose d'épistémo-méthodologie... et de mathématiques</title><content type='html'>Il me semble utile de résumer les positions autrichiennes (ou plutôt classico-autrichiennes, on va voir pourquoi) sur la nature et les méthodes de la discipline économique. Je précise à chaque fois quelques noms d'auteurs majeurs qui ont explicitement soutenu cette position&amp;nbsp; :&lt;br /&gt;&lt;ol&gt;&lt;li&gt;Parmi les sciences, il faut distinguer entre sciences de la nature et sciences humaines. Les sciences de la nature étudient les relations causales où l’homme n’intervient pas ; les sciences humaines étudient les relations causales où l’homme intervient (Mill, Menger, Mises).&lt;/li&gt;&lt;li&gt;parmi les sciences humaines, il faut distinguer entre disciplines historiques et disciplines théoriques. L’histoire est l’étude des faits particuliers ; la théorie est l’étude des lois générales qui gouvernent les faits particuliers. (Menger, Mises)&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Les distinctions 1 et 2 définissent simplement une division du travail de recherche de la connaissance : l’explication d’un fait particulier fait presque toujours appel à plusieurs disciplines théoriques. (Mises)&lt;/li&gt;&lt;li&gt;dans les relations causales qu’étudient les disciplines théoriques en sciences humaines, le libre arbitre humain intervient toujours par définition, donc ces relations sont marquées d’une incertitude radicale. En particulier, les lois correspondantes ne peuvent pas prendre la forme d’égalités ; elles ne peuvent être que qualitatives. (Say, Mill, Senior, Cairnes, Menger, JN Keynes, Mises)&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Dans les sciences humaines, l’expérimentation contrôlée est impossible. On ne peut pas effectuer deux fois la même expérience dans les mêmes conditions. (Senior, Cairnes, Menger, JN Keynes, Mises).&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Dans les sciences humaines, l’être humain est non seulement l’observateur, mais aussi la chose élémentaire observée. Nous pouvons donc connaître avec certitude à notre propos un certain nombre de faits qui ont le statut d’axiomes irréfutables. (Say, Mill, Senior, Cairnes, Menger, JN Keynes, Mises).&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Il découle de 5 et de 6 que la méthode hypothético-déductive des sciences de la nature n’est pas applicable aux sciences humaines, et qu’en revanche la seule méthode correcte est la méthode axiomatico-déductive a priori. (dualisme méthodologique) ( Mill, Senior, Cairnes, Menger, Mises).&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;Pour aborder sur ces bases la question des mathématiques en économie , je pense qu’il faut introduire la distinction de Reichenbach entre contexte de découverte et contexte de justification. L’activité de découverte consiste à imaginer des énoncés qu’on a des raisons de considérer comme vrais ; l’activité de justification consiste à démontrer que ces énoncés sont bien vrais.&lt;br /&gt;Si les lois économiques sont purement qualitatives, elles ne peuvent pas s’énoncer sous forme d’égalités ; réciproquement tout énoncé qui a la forme d’une égalité entre grandeurs économiques est nécessairement faux. Il en résulte que les mathématiques ne sont d’aucune utilité dans le contexte de justification (ou alors il faudrait des maths où on n’utilise jamais le signe =, mais uniquement les signes &amp;lt; et &amp;gt;). On ne peut pas démontrer une loi économique par un raisonnement mathématique. La seule procédure de justification possible est la déduction logique à partir des axiomes irréfutables de l’action humaine et des énoncés considérés comme vrais dans les autres disciplines.&lt;br /&gt;En revanche, dans le contexte de découverte, tous les outils et toutes les techniques sont acceptables (Feyerabend), notamment la démarche inductive et toutes les formes de raisonnement mathématique. Mais il faut bien garder à l’esprit que les conclusions atteintes dans ce contexte ne constituent aucunement des preuves ou des démonstrations.&lt;br /&gt;En particulier, tout énoncé incompatible avec les axiomes de l’action humaine, quel que soit le cheminement qui y a conduit, est a priori faux sans qu’il soit besoin de le soumettre à une procédure de justification.&lt;br /&gt;Un modèle est la traduction formalisée d’une théorie, mais ne peut en aucune façon servir à démontrer cette théorie. Les résultats qu’il produit ne valent pas plus que la théorie qu’il incarne, et qui doit être justifiée (au sens de Reichenbach) indépendamment des résultats du ou des modèles qui l’utilisent.&lt;br /&gt;Le danger des mathématiques en économie, c’est que leur prestige risque de faire passer pour vrais des énoncés qui sont faux justement parce qu’ils utilisent la formulation mathématique.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3663905631233247408-2908517460954912005?l=gdrean.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://gdrean.blogspot.com/feeds/2908517460954912005/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2009/12/encore-une-dose-depistemo-methodologie.html#comment-form' title='27 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/2908517460954912005'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/2908517460954912005'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2009/12/encore-une-dose-depistemo-methodologie.html' title='Encore une dose d&apos;épistémo-méthodologie... et de mathématiques'/><author><name>Gérard Dréan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13847222757419959561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_jhzxtrawyYY/SZVhv-mTPgI/AAAAAAAAAAM/8Af6-Sy6AgA/S220/moiphoto2.gif'/></author><thr:total>27</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3663905631233247408.post-6425111283852626064</id><published>2009-11-26T11:53:00.000+01:00</published><updated>2009-11-26T11:53:54.858+01:00</updated><title type='text'>Une vue personnelle de l' histoire de la pensée économique</title><content type='html'>A mon avis, les histoires habituelles de la pensée économique n'insistent pas assez sur les différences essentielles entre écoles : leur conception de la nature de la discipline. Vous trouverez&lt;a href="http://docs.google.com/Doc?docid=0AZF7IJ139_KDZGc1a2I4bTNfMGY2anhoZ2Qy&amp;amp;hl=en"&gt; ici&lt;/a&gt; mon analyse, sous forme d'un article destiné à la revue &lt;a href="http://www.societal.fr/"&gt;Sociétal.&lt;/a&gt; A considérer comme un "working paper" jusqu'à sa parution.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3663905631233247408-6425111283852626064?l=gdrean.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://gdrean.blogspot.com/feeds/6425111283852626064/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2009/11/une-vue-personnelle-de-l-histoire-de-la.html#comment-form' title='10 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/6425111283852626064'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/6425111283852626064'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2009/11/une-vue-personnelle-de-l-histoire-de-la.html' title='Une vue personnelle de l&apos; histoire de la pensée économique'/><author><name>Gérard Dréan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13847222757419959561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_jhzxtrawyYY/SZVhv-mTPgI/AAAAAAAAAAM/8Af6-Sy6AgA/S220/moiphoto2.gif'/></author><thr:total>10</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3663905631233247408.post-1392843091460198402</id><published>2009-11-23T11:41:00.002+01:00</published><updated>2009-11-24T09:33:50.153+01:00</updated><title type='text'>La performativité à la lumière de la praxéologie</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je reviens comme promis sur la question de la «&amp;nbsp;performativité&amp;nbsp;», avec cet extrait d’un article de 2006 de &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Callon"&gt;Michel Callon&lt;/a&gt;, un des principaux théoriciens de la performativité&amp;nbsp;:&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;«&amp;nbsp;un des articles les plus intéressants est celui de G.R. Faulhaber &amp;amp; W.J. Baumol («&amp;nbsp;Economists as Innovators&amp;nbsp;: Practical Products of Theoretical Research&amp;nbsp;», Journal of Economic Literature, vol. 26, n°2, juin 1988, pp. 577-600) car il pose sans détour la question que je pose aujourd’hui&amp;nbsp;: l’économie-discipline a-t-elle contribué à la production d’innovations qui ont eu un impact sur les activités économiques et sur le comportement des agents&amp;nbsp;? S’appuyant sur un bilan de la littérature existante (qu’ils jugent au demeurant assez maigre), les auteurs identifient neuf grandes innovations dans lesquelles les économistes ont joué un rôle (calcul actualisé du bénéfice, calcul marginal, formule de Black-Scholes, etc.). Après avoir examiné cas par cas la contribution spécifique de la théorie économique, ils aboutissent à une conclusion assez désabusée. Au total le bilan est maigre&amp;nbsp;: les économistes ont peu influencé les pratiques des agents économiques, se contentant pour l’essentiel de les formaliser, de les clarifier et de les théoriser, sans réellement agir sur leur contenu. Très rarement, ils sont à l’origine d’une innovation. Les outils de calcul et de prise de décision qui permettent aux agents d’agir plus rationnellement sont élaborés sur le terrain et non pas dans les laboratoires académiques.&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans ce passage, Callon reconnaît donc que quand on cherche des exemples concrets de cette fameuse «&amp;nbsp;performativité&amp;nbsp;», qui a priori devrait se manifester partout en économie, on retombe toujours sur la même petite demi-douzaine d’exemples, parmi lesquels revient toujours la formule de Black et Scholes.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Utilisons donc cet exemple d’une avancée théorique qui a en effet modifié le comportement des acteurs des marchés financiers, et dont on peut dire qu’elle s’est justifiée elle-même&amp;nbsp;: à partir du moment où ces acteurs ont décidé de l’utiliser, elle est devenue «&amp;nbsp;vraie&amp;nbsp;». Mais posons-nous deux questions&amp;nbsp;:&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ol style="text-align: justify;"&gt;&lt;li&gt;aurait-ce aussi marché pour toute autre formule&amp;nbsp;? autrement dit, ne faut-il pas que la théorie ait un certain rapport avec une certaine réalité antérieure à l’expression de la théorie pour qu’elle devienne vraiment performative&amp;nbsp;?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;existe-t-il des cas analogues dans de nombreux autres secteurs de l’activité économique&amp;nbsp;? autrement dit, la portée réelle de la performativité est-elle limitée à certaines classes d’acteurs et d’activités&amp;nbsp;?&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pour aborder ces questions de façon générale et systématique, une possibilité peut être de reformuler la question dans les termes de la praxéologie misesienne. C’est une ébauche qui demanderait certes pas mal de critiques et de raffinements, mais que je livre à l’état brut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L’être humain est capable d’agir de façon délibérée, c’est-à-dire de se fixer des objectifs, de choisir par la raison des moyens permettant d’atteindre cet objectif, et de mettre en œuvre ces moyens. Cette caractéristique distingue les êtres humains de tout le reste de l’univers (tant qu’on n’a pas découvert des êtres non-humains doués des mêmes facultés, auquel cas la praxéologie s’appliquerait aussi à eux).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pour cela, chaque être humain utilise une représentation du monde, qui comprend schématiquement une image de l’état passé et actuel du monde (y compris de l’acteur lui-même), et un ensemble d’énoncés de nature causale qui forment une «&amp;nbsp;théorie du monde&amp;nbsp;» en énonçant les conséquences que l’acteur attend de ses actions et de celles des autres. Cette représentation est propre à chaque individu (subjective) et elle est nécessairement incomplète (information limitée et rationalité limitée).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les énoncés qui constituent la représentation du monde d’un acteur peuvent provenir de son propre raisonnement (observation, intuition, induction, déduction ou imagination) ou être empruntés à d’autres acteurs (par exemple des scientifiques, mais pas exclusivement).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Si nous admettons que l’activité scientifique est la recherche des relations causales qui gouvernent le monde, la praxéologie est la recherche des relations causales qui ne sont ni physiques (c’est l’objet des sciences de la nature) ni internes à l’esprit humain (c’est l’objet de la psychologie au sens large). La praxéologie est l’étude de l’action humaine en soi. «&amp;nbsp;&lt;i&gt;Praxeology deals with human action as such in a general and universal way. &lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;span lang="EN-GB"&gt;It deals neither with the particular conditions of the environment in which man acts nor with the concrete content of the valuations which direct his actions.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span lang="EN-GB"&gt; &amp;nbsp;» &lt;/span&gt;(Ludwig von Mises, &lt;i&gt;Human Action&lt;/i&gt;).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En disant que les actions réelles de chaque acteur résultent de ses objectifs et de son image du monde, on retrouve le «&amp;nbsp;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9or%C3%A8me_de_Thomas"&gt;Théorème de Thomas&lt;/a&gt;&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;les comportements des individus s'expliquent par leur perception de la réalité et non par la réalité elle-même&amp;nbsp;», mais énoncé cette fois comme un fait d’évidence incontestable. Quelle image faut-il avoir de l’être humain pour considérer ça comme un «&amp;nbsp;théorème&amp;nbsp;» digne de porter le nom de son «&amp;nbsp;auteur&amp;nbsp;»&amp;nbsp;? C’est comme si on appelait «&amp;nbsp;Théorème d’Elvin&amp;nbsp;» l’énoncé&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;les humains ont deux bras, deux jambes et pas d’ailes&amp;nbsp;», et qu’on en dissertait savamment à grand renfort de considérations sociologiques et de modèles mathématiques. On touche là un vice fondamental de l’économie dominante, mais passons…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce «&amp;nbsp;théorème&amp;nbsp;» est souvent reformulé sous la forme «&amp;nbsp;&lt;i&gt;If men define situations as real, they are real in their consequences&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (Si les hommes définissent des situations comme réelles, alors elles sont réelles dans leurs conséquences). Sous cette forme, ce n’est plus une simple évidence, mais carrément un abus de langage. La réalité extérieure à chaque homme reste ce qu’elle est, et s’il définit comme réelle une situation qui ne l’est pas, les conséquences réelles de ses actions pourront être différentes de ce qu’il attendait. En effet, les &lt;b&gt;conséquences&lt;/b&gt; de l’action d’un acteur ne résultent pas de ses propres intentions et de sa propre théorie du monde, mais des actions et interactions des autres acteurs, qui se forment conformément à leurs propres images du monde et indépendamment de la volonté de l’acteur d’origine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pour chacun des acteurs, l’ensemble des images du monde de tous les autres acteurs, et les actions qui en résultent, ont donc le statut d’une réalité objective indépendante du sujet connaissant et agissant. Cet ensemble constitue la réalité économique (ou praxéologique), qui est pour chaque acteur une réalité objective bien qu’entièrement constituée des vues subjectives des autres acteurs. Et de cette réalité économique, chaque acteur n’a qu’une connaissance subjective, partielle et imparfaite qui se traduit par sa propre théorie du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les conséquences de l’action d’un acteur peuvent être plus ou moins cohérentes avec sa propre image du monde. Il est de son intérêt que son image du monde lui permette de prévoir aussi exactement que possible les conséquences de ses actions, c’est-à-dire qu’elle soit aussi proche que possible de la «&amp;nbsp;réalité&amp;nbsp;». Si une action réalise l’objectif visé, la croyance de l’acteur dans le ou les énoncés qui ont été à l’origine de cette action sera renforcée&amp;nbsp;; elle sera affaiblie dans le cas contraire. L’image du monde de chaque acteur évolue donc par confrontation des prévisions qu’elle sous-tend à la réalité observée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce processus de sélection de type «&amp;nbsp;lamarckien&amp;nbsp;» (car les traits acquis peuvent être transmis par l’imitation et le langage) se double d’un processus de sélection interne par lequel l’acteur cherche à assurer la cohérence interne de sa représentation du monde, en utilisant principalement sa raison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Arrivons-en à la performation d’un énoncé théorique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Si un auteur Z propose un nouvel énoncé théorique E, et qu’un ensemble d’acteurs A intègre cet énoncé dans leur image du monde, leur comportement en est modifié&amp;nbsp;: dans cette mesure, ils «&amp;nbsp;performent&amp;nbsp;» bien l’énoncé E. Par extension, on peut dire que Z a «&amp;nbsp;performé&amp;nbsp;» l’énoncé E dont il est l’auteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pour être complet, il faut aussi tenir compte des effets indirects sur des acteurs B qui ne connaissent pas l’énoncé E, mais que les conséquences des actions de A (qui le connaissent) conduisent à modifier leur propre perception de la réalité, donc certaines de leurs actions, et ainsi de suite en cascade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Donc oui, &lt;i&gt;a priori,&lt;/i&gt; l’économie-discipline peut modifier l’économie-activité. C’est une différence fondamentale entre le domaine de l’action humaine et le domaine de l’action des forces naturelles, qui fonde le dualisme épistémologique et méthodologique, selon lequel les sciences humaines et les sciences de la nature sont de natures différentes et justiciables de méthodes différentes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L’auteur Z qui a proposé l’énoncé E et les acteurs A qui l’ont adopté ont certes modifié la réalité, mais de façon limitée et dans un domaine particulier. Se borner à dire qu’ils modifient la réalité (qu’ils sont «&amp;nbsp;performatifs&amp;nbsp;») est une banalité sans intérêt. La vraie question est&amp;nbsp;: quelle partie de la réalité et de quelle façon, et comment ce domaine évolue en s’élargissant ou en se rétrécissant. Dans quelle mesure le comportement de l’ensemble de tous les acteurs (la «&amp;nbsp;réalité&amp;nbsp;») est-il modifié&amp;nbsp;? Pour un acteur Y extérieur à A, dans quelle mesure l’adoption par A de l’énoncé E va-t-elle entraîner que ses actions ne réaliseront plus les objectifs qu’il vise, et qu’il sera peut-être amené à modifier son image du monde, par exemple en y incorporant à son tour l’énoncé E&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Un énoncé nouveau concerne une classe de phénomènes et une population d’acteurs plus ou moins étendues. Et pour que ces acteurs l’adoptent comme vrai, ils doivent être convaincus a priori qu’il rend mieux compte de la réalité que les énoncés établis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Encore faut-il pour cela que les acteurs A aient eu connaissance de l’énoncé E et aient jugé bon de l’adopter comme vrai, ce qui pose de premières limites à la performativité de E. Or il se trouve que dans l’ensemble, les acteurs de l’économie, que ce soit les producteurs (les dirigeants d’entreprises) ou les consommateurs (l’homme de la rue) ne connaissent pas les théories économiques, ou n’en tiennent pas compte dans leur comportement. Comme écrivait Bastiat dans &lt;a href="http://bastiat.org/fr/maudit_argent.html"&gt;«&amp;nbsp;Maudit Argent&amp;nbsp;»&lt;/a&gt; (un chef d’œuvre que je recommande chaudement à tous&amp;nbsp;!)&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Quelqu'un qui serait conduit par ses inductions à croire que, pendant la nuit, nous avons la tête en bas et les pieds en haut, pourrait faire là-dessus de beaux livres, mais il se tiendrait comme tout le monde.&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En supposant que des acteurs A adoptent l’énoncé E comme vrai et qu’ils agissent en conséquence, encore faut-il que les conséquences de leurs actions leur apparaissent comme cohérentes avec leur théorie du monde, qui inclut l’énoncé E. Dans le cas contraire, ils élimineront tôt ou tard l’énoncé E, qui n’aura été «&amp;nbsp;performé&amp;nbsp;» que temporairement. En particulier, la durée de vie d’une théorie non validée par sa confrontation à la réalité peut être (heureusement) trop courte pour qu’elle ait des effets indirects. Il existe bien une réalité économique antérieure à toutes les théories, et les théories qui ne sont pas conformes à cette réalité seront tôt ou tard éliminées même si elles ont été admises et «&amp;nbsp;performées&amp;nbsp;» quelque temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;(parenthèse en forme de provoc : bien sûr, une exception flagrante est le keynesianisme, mais c'est une autre histoire)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il en va de l’économie comme des autres sciences. Le potentiel de propagation d’une idée ou d’une théorie, et donc son potentiel de «&amp;nbsp;performativité&amp;nbsp;», dépend étroitement de sa capacité à donner naissance à des actions qui produiront bien les résultats prévus par la théorie, autrement dit à la validité empirique de cette théorie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pour faire réellement avancer la compréhension de ces phénomènes, il faut analyser comment une idée passe (ou ne passe pas) du cerveau d’un individu à celui d’un autre, puis à tout un groupe, puis à d’autres groupes, comment ces groupes s’étendent, et comment cette idée se renforce ou s’affaiblit chez ceux qui l’ont adoptée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je suis convaincu qu’une telle analyse détaillée montrerait qu’en dehors des institutions gouvernementales et des opérateurs en finance de marché, les théories économiques (quelles qu’elles soient) ne parviennent pas aux autres agents économiques (consommateurs et dirigeants d’entreprises) et n’ont aucune influence sur leur comportement, qui forme pour l’économiste un donné objectif immuable. Autrement dit, la théorie peut modifier le comportement de certains traders sur certains marchés, pas le comportement général des êtres humains dans leurs relations d’échange.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Donc oui, &lt;i&gt;in abstracto&lt;/i&gt;, la théorie économique peut modifier son propre objet. Mais &lt;i&gt;in concreto&lt;/i&gt;, compte-tenu de la nature des phénomènes économiques, ce potentiel ne se réalise que dans des domaines étroits et dans des circonstances exceptionnelles, et la «&amp;nbsp;performativité&amp;nbsp;» est un phénomène marginal.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3663905631233247408-1392843091460198402?l=gdrean.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://gdrean.blogspot.com/feeds/1392843091460198402/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2009/11/la-performativite-la-lumiere-de-la.html#comment-form' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/1392843091460198402'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/1392843091460198402'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2009/11/la-performativite-la-lumiere-de-la.html' title='La performativité à la lumière de la praxéologie'/><author><name>Gérard Dréan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13847222757419959561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_jhzxtrawyYY/SZVhv-mTPgI/AAAAAAAAAAM/8Af6-Sy6AgA/S220/moiphoto2.gif'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3663905631233247408.post-5331058830853839659</id><published>2009-11-16T10:19:00.000+01:00</published><updated>2009-11-16T10:19:34.518+01:00</updated><title type='text'>enseignement  de l'économie élémentaire</title><content type='html'>Il y a quelque temps, j'ai mis sous forme d'un petit livre (dont aucun éditeur n'a encore voulu) ce qu'à mon avis tout un chacun devrait savoir, et qui devrait dont être enseigné à tous dès l'école primaire ou les premières années du collège.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le texte du bouquin est&lt;a href="http://www.scribd.com/doc/9913861/Elements-deconomie-a-lusage-du-citoyen-ordinaire"&gt; ici (sur le serveur SCRIBD)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les commentaires sont les bienvenus.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3663905631233247408-5331058830853839659?l=gdrean.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://gdrean.blogspot.com/feeds/5331058830853839659/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2009/11/enseignement-de-leconomie-elementaire.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/5331058830853839659'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/5331058830853839659'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2009/11/enseignement-de-leconomie-elementaire.html' title='enseignement  de l&apos;économie élémentaire'/><author><name>Gérard Dréan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13847222757419959561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_jhzxtrawyYY/SZVhv-mTPgI/AAAAAAAAAAM/8Af6-Sy6AgA/S220/moiphoto2.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3663905631233247408.post-7300055919302504608</id><published>2009-11-15T20:16:00.000+01:00</published><updated>2009-11-15T20:16:05.000+01:00</updated><title type='text'>pourquoi "L'amateur d'économie"</title><content type='html'>Parce que je ne suis pas un professionnel, tiens ! et parce que je n'ai aucunement l'intention de le devenir, à la différence de la plupart des bloggeurs, d'après ce que je comprends.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca me donne une grande liberté : je n'ai à sacrifier à aucun rite ni à respecter aucune norme autre que celles du bon sens et de la civilité. Et si personne ne me lit, ça ne sera pas bien grave : je n'ai rien à attendre et rien à perdre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En revanche, l'amateur, c'est par définition "celui qui aime". Ca , c'est le côté positif.de la chose...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3663905631233247408-7300055919302504608?l=gdrean.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://gdrean.blogspot.com/feeds/7300055919302504608/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2009/11/pourquoi-lamateur-deconomie.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/7300055919302504608'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/7300055919302504608'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2009/11/pourquoi-lamateur-deconomie.html' title='pourquoi &quot;L&apos;amateur d&apos;économie&quot;'/><author><name>Gérard Dréan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13847222757419959561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_jhzxtrawyYY/SZVhv-mTPgI/AAAAAAAAAAM/8Af6-Sy6AgA/S220/moiphoto2.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3663905631233247408.post-9049010508049133093</id><published>2009-11-15T17:35:00.000+01:00</published><updated>2009-11-15T17:35:04.527+01:00</updated><title type='text'>De quoi parle l'économie ?</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est la question de la « performativité » de l’économie qui me pousse à écrire ce premier billet. La thèse, abondamment discutée sur d’autres blogs, consiste en gros à dire que, contrairement aux sciences physiques, la théorie économique modifie son propre objet. En effet, le comportement des agents économiques est influencé par la théorie économique : des agents qui adhèrent à des théories différentes ont des comportements différents, et quand la théorie change, le comportement des agents change aussi, donc il faut revoir la théorie, et ainsi de suite. Voir &lt;a href="http://rationalitelimitee.wordpress.com/2009/06/05/sur-la-performativite-des-theories/"&gt;ceci&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://rationalitelimitee.wordpress.com/2009/09/23/crise-financiere-et-performativite-des-enonces/"&gt;ceci&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://rationalitelimitee.wordpress.com/2009/11/14/performativite-et-institutionalisme-the-searles-connexion/"&gt;ceci. &lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;A première vue, cette thèse est irréfutable. Les problèmes commencent quand on en tire plus ou moins abusivement des conclusions un peu hâtives, par exemple :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul style="text-align: justify;"&gt;&lt;li&gt;une version accusatrice naïve, utilisée par de nombreux auteurs critiques contemporains pour condamner le libéralisme&amp;nbsp;: les économistes ont fait des êtres humains de simples «&amp;nbsp;homo economicus&amp;nbsp;», et si les gens sont des calculateurs égoïstes, c’est la faute d’Adam Smith et des économistes libéraux.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;une version prométhéenne tout aussi naïve&amp;nbsp;: les économistes ont le pouvoir de façonner la réalité économique, et leur rôle est donc de rendre le monde meilleur. S’ils font de bonnes théories, le monde deviendra un paradis.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;une version épistémologique forte&amp;nbsp;: puisque l’économiste peut modifier les lois de l’économie, il n’y a pas de lois nécessaires universelles en économie, et l’économie n’est donc pas une science&lt;/li&gt;&lt;li&gt;une version épistémologique faible ou modeste: en économie, il est impossible de faire des prévisions quantitatives exactes.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans ce premier billet, je voudrais proposer une vision de ce qu’est l’objet de la discipline économique, avant d’examiner si, comment et dans quelle mesure l’exercice de cette discipline transforme réellement son objet.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La question est loin d’être nouvelle. A mon avis, ceux qui l’ont traitée de la façon la plus satisfaisante sont les classiques au XIXe siècle et leurs héritiers contemporains les autrichiens, aujourd’hui soigneusement ignorés par le gros de "la profession. Dans ce qui suit, je m’appuierai sur deux d’entre eux, qui ont abondamment écrit sur la nature même de leur discipline&amp;nbsp;: John Stuart Mill pour les classiques et Ludwig von Mises pour les autrichiens. Mes citations de Mill sont tirées du cinquième de ses &lt;i&gt;Essays on some Unsettled Questions in Political Economy&lt;/i&gt;, intitulé &lt;i&gt;On the Definition of Political Economy and on the Method of Investigation Proper to It,&lt;/i&gt; et celles de Mises de sa somme &lt;i&gt;Human Action, a treatise on economics&lt;/i&gt;. Ils me semblent tous les deux représentatifs de l’épistémologie de leur école, et donc des positions, explicites ou implicites, de toute la tradition classique.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mill commence par distinguer les sciences de la nature des sciences de l’esprit, tout en précisant que les deux sont nécessaires pour expliquer les phénomènes où l’esprit intervient&amp;nbsp;:&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;i&gt;Every thing which can possibly happen, in which man and external things are jointly concerned, results from the joint operation of a law or laws of matter and a law or laws of the human mind.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;Laws of mind and laws of matter are so dissimilar in their nature that it would be contrary to all principles of rational arrangement to mix them up as part of the same study. In all scientific methods, therefore, they are placed apart. Any compound effect or phenomenon which depends both on the properties of matter and on those of mind may thus become the subject of two completely distinct sciences, or branches of science: one treating of the phenomenon in so far as it depends upon the laws of matter only; the other treating of it in so far as it depends upon the laws of mind&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mill introduit ainsi deux idées qui seront largement développées par Mises&amp;nbsp;:&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ol style="text-align: justify;"&gt;&lt;li&gt; le dualisme méthodologique, selon lequel les méthodes applicables à l’économie (et aux sciences humaines en général) sont différentes de celles applicables au sciences de la nature&amp;nbsp;: &lt;i&gt;"Economics, like logic and mathematics, is a display of abstract reasoning. Economics can never be experimental and empirical."(Mises). &lt;/i&gt;C’est tout un sujet en soi, mais qui n’est pas directement lié à la "performativité".&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&amp;nbsp;la distinction entre les sciences est une division du travail de recherche de la connaissance sur le monde pris globalement, et non une distinction entre des segments disjoints du monde réel. Chaque phénomène réel ne peut être complètement expliqué qu’en faisant appel à plusieurs sciences.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;i&gt; &lt;i&gt;Cognition and prediction are provided by the totality of knowledge. What the various single branches of science offer is always fragmentary; it must be complemented by the results of all the other branches. From the point of view of acting man the specialization of knowledge and its breaking up into the various sciences is merely a device of the division of labor.&lt;/i&gt;&lt;/i&gt; (Mises)&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/i&gt;Cette deuxième idée implique que l’économie-discipline ne se définit ni par une économie-chose ni par une économie-activité qui seraient séparables des autres choses et des autres activités, mais par certaines caractéristiques des lois qu’elle cherche à élucider, lois qui s’appliquent à toutes les activités humaines.&lt;i&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/i&gt;Dans cette conception, il n’y a pas de frontière, et encore moins d’opposition, entre l’économique et le social. L’économique, pour autant qu’on puisse le définir, est un aspect du social (et non une partie du social, ce qui impliquerait qu’on puisse l’en isoler). Je cite de nouveau longuement Mises&amp;nbsp;:&lt;i&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;i&gt;&lt;i&gt; The intricacy of a precise definition of the scope of economics does not stem from uncertainty with regard to the orbit of the phenomena to be investigated. It is due to the fact that the attempts to elucidate the phenomena concerned must go beyond the range of the market and of market transactions. In order to conceive the market fully one is forced to study the action of hypothetical isolated individuals on one hand and to contrast the market system with an imaginary socialist commonwealth on the other hand. In studying interpersonal exchange one cannot avoid dealing with autistic exchange. But then it is no longer possible to define neatly the boundaries between the kind of action which is the proper field of economic science in the narrower sense, and other action. &lt;/i&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;i&gt;&lt;i&gt; The general theory of choice and preference goes far beyond the horizon which encompassed the scope of economic problems as circumscribed by the economists from Cantillon, Hume, and Adam Smith down to John Stuart Mill. It is much more than merely a theory of the "economic side" of human endeavors and of man's striving for commodities and an improvement in his material well-being. It is the science of every kind of human action. Choosing determines all human decisions. In making his choice man chooses not only between various material things and services. All human values are offered for option. All ends and all means, both material and ideal issues, the sublime and the base, the noble and the ignoble, are ranged in a single row and subjected to a decision which picks out one thing and sets aside another. Nothing that men aim at or want to avoid remains outside of this arrangement into a unique scale of gradation and preference.&lt;/i&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/i&gt; Dans leurs actions pour améliorer leur bien-être, les humains rencontrent les actions d’autres humains poursuivant le même but. Ils peuvent se trouver en situation de coopération, de rivalité ou de conflit, mais en tout état de cause les actions de l’ensemble des autres humains forment l’environnement objectif dans lequel se situent les actions de chacun d’entre eux, et il ne peut pas plus modifier cet environnement qu’il ne peut modifier son environnement physique. La thèse «&amp;nbsp;autrichienne&amp;nbsp;», développée par Menger dans la «&amp;nbsp;Methodenstreit&amp;nbsp;» contre Schmoller, est que cet environnement formé par le reste de l’humanité obéit à des lois immuables indépendantes de la volonté de chacun des acteurs pris en particulier, ou de tout groupe particulier.&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;i&gt;&lt;i&gt; Man's freedom to choose and to act is restricted in a threefold way. There are first the physical laws to whose unfeeling absoluteness man must adjust his conduct if he wants to live. There are second the individual's innate constitutional characteristics and dispositions and the operation of environmental factor... There is finally the regularity of phenomena with regard to the interconnectedness of means and ends, viz., the praxeological law as distinct from the physical and from the physiological law.&lt;/i&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;i&gt; The elucidation and the categorial and formal examination of this third class of laws of the universe is the subject matter of praxeology and its hitherto best-developed branch, economics...&lt;/i&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;i&gt; The scope of praxeology, the general theory of human action, can be precisely defined and circumscribed. The specifically economic problems, the problems of economic action in the narrower sense, can only by and large be disengaged from the comprehensive body of praxeological theory. &lt;/i&gt;&lt;/i&gt;(Mises)&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;i&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/i&gt;Selon cette position «&amp;nbsp;classico-autrichienne&amp;nbsp;», il existe des lois immuables en économie, qui sont les lois générales de l’action humaine, et le rôle de l’économiste est de les découvrir et de les expliciter. Autrement dit, les lois économiques existent &lt;i&gt;ex ante&lt;/i&gt; et ce n’est pas leur énonciation qui les fait exister,&lt;st1:personname msonormal="" productid="la performativité. Cette position s’oppose à la thèse courante selon laquelle tous les phénomènes économiques, puisqu’ils résultent de l’action des humains et se traduisent &amp;lt;i&amp;gt;in fine&amp;lt;/i&amp;gt; par des perceptions humaines, dépendraient entièrement de la volonté des hommes. Il va sans dire que cette dernière thèse est plus satisfaisante pour les politiciens et leurs aides de tous poils, dont bon nombre d’« experts » en économie autoproclamés.&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;Au final, l’économie-discipline, ou plus exactement la praxéologie dont l’économie est une branche difficile à individualiser, est pour ces auteurs la connaissance des lois qui régissent les effets des actions humaines tout en résultant elles-mêmes de l’action humaine. Elle se définit non par une « économie-chose » ou une « économie-activité » dont elle serait la description ou la théorie, mais par la nature des causes dont elle recherche les effets. Cette définition rejoint la dernière des définitions examinées par Mill dans le cinquième &amp;lt;i&amp;gt;Essay&amp;lt;/i&amp;gt;, qu’il donne comme définitive au bout de plusieurs raffinements successifs :&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;The science which traces the laws of such of the phenomena of society as arise from the combined operations of mankind for the production of wealth, in so far as those phenomena are not modified by the pursuit of any other object. (Mill)&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;Ces lois sont des relations causales préexistantes à toute action particulière, qui sont à la fois la résultante (involontaire) de l’action des humains dans leur ensemble et le cadre contraignant des actions de chacun d’entre eux. Leur expression doit par définition reposer sur des caractéristiques de l’action humaine qui soient universelles, en particulier indépendantes des motivations spécifiques des acteurs, autrement dit sur la catégorie (au sens de Kant) de l’action :&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;The field of our science is human action, not the psychological events which result in an action. It is precisely this which distinguishes the general theory of human action, praxeology, from psychology. The theme of psychology is the internal events that result or can result in a definite action. The theme of praxeology is action as such.&amp;lt;br /&amp;gt;The abortive attempts to solve this problem of a precise delimitation of the scope of catallactics have chosen as a criterion either the motives causing action or the goals which action aims at. But the variety and manifoldness of the motives instigating a man's action are without relevance for a comprehensive study of acting. Every action is motivated by the urge to remove a felt uneasiness. It does not matter for the science of action how people qualify this uneasiness from a physiological, psychological, or ethical point of view. It is the task of economics to deal with all commodity prices as they are really asked and paid in market transactions. It must not restrict its investigations to the study of those prices which result or are likely to result from a conduct displaying attitudes to which psychology, ethics, or any other way of looking at human behavior would attach a definite label. The classification of actions according to their various motives may be momentous for psychology and may provide a yardstick for a moral evaluation; for economics it is inconsequential.&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;Les lois économiques ainsi définies s’appliquent a priori à toutes les actions des hommes en société. En même temps, dans tout phénomène social, ces lois se combinent à d’autres lois. Il n’existe pas une classe d’actions, et encore moins une partie du monde, qui serait entièrement gouvernée par ces seules lois, et à l’extérieur de laquelle ces lois ne s’appliqueraient pas. Autrement dit, il n’existe pas d’économie-chose. Ou plutôt, si on définit par ailleurs une économie-chose comme le fait le langage courant, il ne peut pas y avoir de relation biunivoque entre cette chose et l’économie-discipline.&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;/div&amp;gt;&amp;lt;div class="&gt; L’économie-activité peut être définie comme l’ensemble des actions humaines de production et d’échange. Mais il n’y a pas non plus coïncidence entre ces activités et la discipline économique, car ces activités sont aussi soumises à d’autres lois que celles de l’économie, par exemple celles de la physique et de &lt;st1:personname productid="la psychologie. Tout" w:st="on"&gt;la psychologie. Tout&lt;/st1:personname&gt; n’est pas économie, et l’économie n’est pas tout, mais toute action humaine a des aspects économiques, auxquels s’appliquent les lois économiques, de même que la gravitation universelle n’est pas tout, mais tout est soumis à la gravitation universelle, même les jets d’eau et les montgolfières (qui ont le culot de monter alors que la gravitation les tire vers le bas&amp;nbsp;!).&lt;/st1:personname&gt;&lt;br /&gt;&lt;st1:personname msonormal="" productid="la performativité. Cette position s’oppose à la thèse courante selon laquelle tous les phénomènes économiques, puisqu’ils résultent de l’action des humains et se traduisent &amp;lt;i&amp;gt;in fine&amp;lt;/i&amp;gt; par des perceptions humaines, dépendraient entièrement de la volonté des hommes. Il va sans dire que cette dernière thèse est plus satisfaisante pour les politiciens et leurs aides de tous poils, dont bon nombre d’« experts » en économie autoproclamés.&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;Au final, l’économie-discipline, ou plus exactement la praxéologie dont l’économie est une branche difficile à individualiser, est pour ces auteurs la connaissance des lois qui régissent les effets des actions humaines tout en résultant elles-mêmes de l’action humaine. Elle se définit non par une « économie-chose » ou une « économie-activité » dont elle serait la description ou la théorie, mais par la nature des causes dont elle recherche les effets. Cette définition rejoint la dernière des définitions examinées par Mill dans le cinquième &amp;lt;i&amp;gt;Essay&amp;lt;/i&amp;gt;, qu’il donne comme définitive au bout de plusieurs raffinements successifs :&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;The science which traces the laws of such of the phenomena of society as arise from the combined operations of mankind for the production of wealth, in so far as those phenomena are not modified by the pursuit of any other object. (Mill)&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;Ces lois sont des relations causales préexistantes à toute action particulière, qui sont à la fois la résultante (involontaire) de l’action des humains dans leur ensemble et le cadre contraignant des actions de chacun d’entre eux. Leur expression doit par définition reposer sur des caractéristiques de l’action humaine qui soient universelles, en particulier indépendantes des motivations spécifiques des acteurs, autrement dit sur la catégorie (au sens de Kant) de l’action :&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;The field of our science is human action, not the psychological events which result in an action. It is precisely this which distinguishes the general theory of human action, praxeology, from psychology. The theme of psychology is the internal events that result or can result in a definite action. The theme of praxeology is action as such.&amp;lt;br /&amp;gt;The abortive attempts to solve this problem of a precise delimitation of the scope of catallactics have chosen as a criterion either the motives causing action or the goals which action aims at. But the variety and manifoldness of the motives instigating a man's action are without relevance for a comprehensive study of acting. Every action is motivated by the urge to remove a felt uneasiness. It does not matter for the science of action how people qualify this uneasiness from a physiological, psychological, or ethical point of view. It is the task of economics to deal with all commodity prices as they are really asked and paid in market transactions. It must not restrict its investigations to the study of those prices which result or are likely to result from a conduct displaying attitudes to which psychology, ethics, or any other way of looking at human behavior would attach a definite label. The classification of actions according to their various motives may be momentous for psychology and may provide a yardstick for a moral evaluation; for economics it is inconsequential.&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;Les lois économiques ainsi définies s’appliquent a priori à toutes les actions des hommes en société. En même temps, dans tout phénomène social, ces lois se combinent à d’autres lois. Il n’existe pas une classe d’actions, et encore moins une partie du monde, qui serait entièrement gouvernée par ces seules lois, et à l’extérieur de laquelle ces lois ne s’appliqueraient pas. Autrement dit, il n’existe pas d’économie-chose. Ou plutôt, si on définit par ailleurs une économie-chose comme le fait le langage courant, il ne peut pas y avoir de relation biunivoque entre cette chose et l’économie-discipline.&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;/div&amp;gt;&amp;lt;div class="&gt; &lt;/st1:personname&gt;&lt;br /&gt;&lt;st1:personname msonormal="" productid="la performativité. Cette position s’oppose à la thèse courante selon laquelle tous les phénomènes économiques, puisqu’ils résultent de l’action des humains et se traduisent &amp;lt;i&amp;gt;in fine&amp;lt;/i&amp;gt; par des perceptions humaines, dépendraient entièrement de la volonté des hommes. Il va sans dire que cette dernière thèse est plus satisfaisante pour les politiciens et leurs aides de tous poils, dont bon nombre d’« experts » en économie autoproclamés.&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;Au final, l’économie-discipline, ou plus exactement la praxéologie dont l’économie est une branche difficile à individualiser, est pour ces auteurs la connaissance des lois qui régissent les effets des actions humaines tout en résultant elles-mêmes de l’action humaine. Elle se définit non par une « économie-chose » ou une « économie-activité » dont elle serait la description ou la théorie, mais par la nature des causes dont elle recherche les effets. Cette définition rejoint la dernière des définitions examinées par Mill dans le cinquième &amp;lt;i&amp;gt;Essay&amp;lt;/i&amp;gt;, qu’il donne comme définitive au bout de plusieurs raffinements successifs :&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;The science which traces the laws of such of the phenomena of society as arise from the combined operations of mankind for the production of wealth, in so far as those phenomena are not modified by the pursuit of any other object. (Mill)&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;Ces lois sont des relations causales préexistantes à toute action particulière, qui sont à la fois la résultante (involontaire) de l’action des humains dans leur ensemble et le cadre contraignant des actions de chacun d’entre eux. Leur expression doit par définition reposer sur des caractéristiques de l’action humaine qui soient universelles, en particulier indépendantes des motivations spécifiques des acteurs, autrement dit sur la catégorie (au sens de Kant) de l’action :&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;The field of our science is human action, not the psychological events which result in an action. It is precisely this which distinguishes the general theory of human action, praxeology, from psychology. The theme of psychology is the internal events that result or can result in a definite action. The theme of praxeology is action as such.&amp;lt;br /&amp;gt;The abortive attempts to solve this problem of a precise delimitation of the scope of catallactics have chosen as a criterion either the motives causing action or the goals which action aims at. But the variety and manifoldness of the motives instigating a man's action are without relevance for a comprehensive study of acting. Every action is motivated by the urge to remove a felt uneasiness. It does not matter for the science of action how people qualify this uneasiness from a physiological, psychological, or ethical point of view. It is the task of economics to deal with all commodity prices as they are really asked and paid in market transactions. It must not restrict its investigations to the study of those prices which result or are likely to result from a conduct displaying attitudes to which psychology, ethics, or any other way of looking at human behavior would attach a definite label. The classification of actions according to their various motives may be momentous for psychology and may provide a yardstick for a moral evaluation; for economics it is inconsequential.&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;Les lois économiques ainsi définies s’appliquent a priori à toutes les actions des hommes en société. En même temps, dans tout phénomène social, ces lois se combinent à d’autres lois. Il n’existe pas une classe d’actions, et encore moins une partie du monde, qui serait entièrement gouvernée par ces seules lois, et à l’extérieur de laquelle ces lois ne s’appliqueraient pas. Autrement dit, il n’existe pas d’économie-chose. Ou plutôt, si on définit par ailleurs une économie-chose comme le fait le langage courant, il ne peut pas y avoir de relation biunivoque entre cette chose et l’économie-discipline.&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;/div&amp;gt;&amp;lt;div class="&gt; &lt;/st1:personname&gt;&lt;br /&gt;&lt;st1:personname msonormal="" productid="la performativité. Cette position s’oppose à la thèse courante selon laquelle tous les phénomènes économiques, puisqu’ils résultent de l’action des humains et se traduisent &amp;lt;i&amp;gt;in fine&amp;lt;/i&amp;gt; par des perceptions humaines, dépendraient entièrement de la volonté des hommes. Il va sans dire que cette dernière thèse est plus satisfaisante pour les politiciens et leurs aides de tous poils, dont bon nombre d’« experts » en économie autoproclamés.&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;Au final, l’économie-discipline, ou plus exactement la praxéologie dont l’économie est une branche difficile à individualiser, est pour ces auteurs la connaissance des lois qui régissent les effets des actions humaines tout en résultant elles-mêmes de l’action humaine. Elle se définit non par une « économie-chose » ou une « économie-activité » dont elle serait la description ou la théorie, mais par la nature des causes dont elle recherche les effets. Cette définition rejoint la dernière des définitions examinées par Mill dans le cinquième &amp;lt;i&amp;gt;Essay&amp;lt;/i&amp;gt;, qu’il donne comme définitive au bout de plusieurs raffinements successifs :&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;The science which traces the laws of such of the phenomena of society as arise from the combined operations of mankind for the production of wealth, in so far as those phenomena are not modified by the pursuit of any other object. (Mill)&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;Ces lois sont des relations causales préexistantes à toute action particulière, qui sont à la fois la résultante (involontaire) de l’action des humains dans leur ensemble et le cadre contraignant des actions de chacun d’entre eux. Leur expression doit par définition reposer sur des caractéristiques de l’action humaine qui soient universelles, en particulier indépendantes des motivations spécifiques des acteurs, autrement dit sur la catégorie (au sens de Kant) de l’action :&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;The field of our science is human action, not the psychological events which result in an action. It is precisely this which distinguishes the general theory of human action, praxeology, from psychology. The theme of psychology is the internal events that result or can result in a definite action. The theme of praxeology is action as such.&amp;lt;br /&amp;gt;The abortive attempts to solve this problem of a precise delimitation of the scope of catallactics have chosen as a criterion either the motives causing action or the goals which action aims at. But the variety and manifoldness of the motives instigating a man's action are without relevance for a comprehensive study of acting. Every action is motivated by the urge to remove a felt uneasiness. It does not matter for the science of action how people qualify this uneasiness from a physiological, psychological, or ethical point of view. It is the task of economics to deal with all commodity prices as they are really asked and paid in market transactions. It must not restrict its investigations to the study of those prices which result or are likely to result from a conduct displaying attitudes to which psychology, ethics, or any other way of looking at human behavior would attach a definite label. The classification of actions according to their various motives may be momentous for psychology and may provide a yardstick for a moral evaluation; for economics it is inconsequential.&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;Les lois économiques ainsi définies s’appliquent a priori à toutes les actions des hommes en société. En même temps, dans tout phénomène social, ces lois se combinent à d’autres lois. Il n’existe pas une classe d’actions, et encore moins une partie du monde, qui serait entièrement gouvernée par ces seules lois, et à l’extérieur de laquelle ces lois ne s’appliqueraient pas. Autrement dit, il n’existe pas d’économie-chose. Ou plutôt, si on définit par ailleurs une économie-chose comme le fait le langage courant, il ne peut pas y avoir de relation biunivoque entre cette chose et l’économie-discipline.&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;/div&amp;gt;&amp;lt;div class="&gt; A suivre : la performativité à la lumière de la praxéologie. &lt;/st1:personname&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;st1:personname msonormal="" productid="la performativité. Cette position s’oppose à la thèse courante selon laquelle tous les phénomènes économiques, puisqu’ils résultent de l’action des humains et se traduisent &amp;lt;i&amp;gt;in fine&amp;lt;/i&amp;gt; par des perceptions humaines, dépendraient entièrement de la volonté des hommes. Il va sans dire que cette dernière thèse est plus satisfaisante pour les politiciens et leurs aides de tous poils, dont bon nombre d’« experts » en économie autoproclamés.&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;Au final, l’économie-discipline, ou plus exactement la praxéologie dont l’économie est une branche difficile à individualiser, est pour ces auteurs la connaissance des lois qui régissent les effets des actions humaines tout en résultant elles-mêmes de l’action humaine. Elle se définit non par une « économie-chose » ou une « économie-activité » dont elle serait la description ou la théorie, mais par la nature des causes dont elle recherche les effets. Cette définition rejoint la dernière des définitions examinées par Mill dans le cinquième &amp;lt;i&amp;gt;Essay&amp;lt;/i&amp;gt;, qu’il donne comme définitive au bout de plusieurs raffinements successifs :&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;The science which traces the laws of such of the phenomena of society as arise from the combined operations of mankind for the production of wealth, in so far as those phenomena are not modified by the pursuit of any other object. (Mill)&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;Ces lois sont des relations causales préexistantes à toute action particulière, qui sont à la fois la résultante (involontaire) de l’action des humains dans leur ensemble et le cadre contraignant des actions de chacun d’entre eux. Leur expression doit par définition reposer sur des caractéristiques de l’action humaine qui soient universelles, en particulier indépendantes des motivations spécifiques des acteurs, autrement dit sur la catégorie (au sens de Kant) de l’action :&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;The field of our science is human action, not the psychological events which result in an action. It is precisely this which distinguishes the general theory of human action, praxeology, from psychology. The theme of psychology is the internal events that result or can result in a definite action. The theme of praxeology is action as such.&amp;lt;br /&amp;gt;The abortive attempts to solve this problem of a precise delimitation of the scope of catallactics have chosen as a criterion either the motives causing action or the goals which action aims at. But the variety and manifoldness of the motives instigating a man's action are without relevance for a comprehensive study of acting. Every action is motivated by the urge to remove a felt uneasiness. It does not matter for the science of action how people qualify this uneasiness from a physiological, psychological, or ethical point of view. It is the task of economics to deal with all commodity prices as they are really asked and paid in market transactions. It must not restrict its investigations to the study of those prices which result or are likely to result from a conduct displaying attitudes to which psychology, ethics, or any other way of looking at human behavior would attach a definite label. The classification of actions according to their various motives may be momentous for psychology and may provide a yardstick for a moral evaluation; for economics it is inconsequential.&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;Les lois économiques ainsi définies s’appliquent a priori à toutes les actions des hommes en société. En même temps, dans tout phénomène social, ces lois se combinent à d’autres lois. Il n’existe pas une classe d’actions, et encore moins une partie du monde, qui serait entièrement gouvernée par ces seules lois, et à l’extérieur de laquelle ces lois ne s’appliqueraient pas. Autrement dit, il n’existe pas d’économie-chose. Ou plutôt, si on définit par ailleurs une économie-chose comme le fait le langage courant, il ne peut pas y avoir de relation biunivoque entre cette chose et l’économie-discipline.&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;/div&amp;gt;&amp;lt;div class="&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;st1:personname msonormal="" productid="la performativité. Cette position s’oppose à la thèse courante selon laquelle tous les phénomènes économiques, puisqu’ils résultent de l’action des humains et se traduisent &amp;lt;i&amp;gt;in fine&amp;lt;/i&amp;gt; par des perceptions humaines, dépendraient entièrement de la volonté des hommes. Il va sans dire que cette dernière thèse est plus satisfaisante pour les politiciens et leurs aides de tous poils, dont bon nombre d’« experts » en économie autoproclamés.&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;Au final, l’économie-discipline, ou plus exactement la praxéologie dont l’économie est une branche difficile à individualiser, est pour ces auteurs la connaissance des lois qui régissent les effets des actions humaines tout en résultant elles-mêmes de l’action humaine. Elle se définit non par une « économie-chose » ou une « économie-activité » dont elle serait la description ou la théorie, mais par la nature des causes dont elle recherche les effets. Cette définition rejoint la dernière des définitions examinées par Mill dans le cinquième &amp;lt;i&amp;gt;Essay&amp;lt;/i&amp;gt;, qu’il donne comme définitive au bout de plusieurs raffinements successifs :&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;The science which traces the laws of such of the phenomena of society as arise from the combined operations of mankind for the production of wealth, in so far as those phenomena are not modified by the pursuit of any other object. (Mill)&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;Ces lois sont des relations causales préexistantes à toute action particulière, qui sont à la fois la résultante (involontaire) de l’action des humains dans leur ensemble et le cadre contraignant des actions de chacun d’entre eux. Leur expression doit par définition reposer sur des caractéristiques de l’action humaine qui soient universelles, en particulier indépendantes des motivations spécifiques des acteurs, autrement dit sur la catégorie (au sens de Kant) de l’action :&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;The field of our science is human action, not the psychological events which result in an action. It is precisely this which distinguishes the general theory of human action, praxeology, from psychology. The theme of psychology is the internal events that result or can result in a definite action. The theme of praxeology is action as such.&amp;lt;br /&amp;gt;The abortive attempts to solve this problem of a precise delimitation of the scope of catallactics have chosen as a criterion either the motives causing action or the goals which action aims at. But the variety and manifoldness of the motives instigating a man's action are without relevance for a comprehensive study of acting. Every action is motivated by the urge to remove a felt uneasiness. It does not matter for the science of action how people qualify this uneasiness from a physiological, psychological, or ethical point of view. It is the task of economics to deal with all commodity prices as they are really asked and paid in market transactions. It must not restrict its investigations to the study of those prices which result or are likely to result from a conduct displaying attitudes to which psychology, ethics, or any other way of looking at human behavior would attach a definite label. The classification of actions according to their various motives may be momentous for psychology and may provide a yardstick for a moral evaluation; for economics it is inconsequential.&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;Les lois économiques ainsi définies s’appliquent a priori à toutes les actions des hommes en société. En même temps, dans tout phénomène social, ces lois se combinent à d’autres lois. Il n’existe pas une classe d’actions, et encore moins une partie du monde, qui serait entièrement gouvernée par ces seules lois, et à l’extérieur de laquelle ces lois ne s’appliqueraient pas. Autrement dit, il n’existe pas d’économie-chose. Ou plutôt, si on définit par ailleurs une économie-chose comme le fait le langage courant, il ne peut pas y avoir de relation biunivoque entre cette chose et l’économie-discipline.&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;/div&amp;gt;&amp;lt;div class="&gt; &lt;/st1:personname&gt;&lt;i&gt;&lt;i&gt;&lt;st1:personname msonormal="" productid="la performativité. Cette position s’oppose à la thèse courante selon laquelle tous les phénomènes économiques, puisqu’ils résultent de l’action des humains et se traduisent &amp;lt;i&amp;gt;in fine&amp;lt;/i&amp;gt; par des perceptions humaines, dépendraient entièrement de la volonté des hommes. Il va sans dire que cette dernière thèse est plus satisfaisante pour les politiciens et leurs aides de tous poils, dont bon nombre d’« experts » en économie autoproclamés.&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;Au final, l’économie-discipline, ou plus exactement la praxéologie dont l’économie est une branche difficile à individualiser, est pour ces auteurs la connaissance des lois qui régissent les effets des actions humaines tout en résultant elles-mêmes de l’action humaine. Elle se définit non par une « économie-chose » ou une « économie-activité » dont elle serait la description ou la théorie, mais par la nature des causes dont elle recherche les effets. Cette définition rejoint la dernière des définitions examinées par Mill dans le cinquième &amp;lt;i&amp;gt;Essay&amp;lt;/i&amp;gt;, qu’il donne comme définitive au bout de plusieurs raffinements successifs :&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;The science which traces the laws of such of the phenomena of society as arise from the combined operations of mankind for the production of wealth, in so far as those phenomena are not modified by the pursuit of any other object. (Mill)&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;Ces lois sont des relations causales préexistantes à toute action particulière, qui sont à la fois la résultante (involontaire) de l’action des humains dans leur ensemble et le cadre contraignant des actions de chacun d’entre eux. Leur expression doit par définition reposer sur des caractéristiques de l’action humaine qui soient universelles, en particulier indépendantes des motivations spécifiques des acteurs, autrement dit sur la catégorie (au sens de Kant) de l’action :&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;The field of our science is human action, not the psychological events which result in an action. It is precisely this which distinguishes the general theory of human action, praxeology, from psychology. The theme of psychology is the internal events that result or can result in a definite action. The theme of praxeology is action as such.&amp;lt;br /&amp;gt;The abortive attempts to solve this problem of a precise delimitation of the scope of catallactics have chosen as a criterion either the motives causing action or the goals which action aims at. But the variety and manifoldness of the motives instigating a man's action are without relevance for a comprehensive study of acting. Every action is motivated by the urge to remove a felt uneasiness. It does not matter for the science of action how people qualify this uneasiness from a physiological, psychological, or ethical point of view. It is the task of economics to deal with all commodity prices as they are really asked and paid in market transactions. It must not restrict its investigations to the study of those prices which result or are likely to result from a conduct displaying attitudes to which psychology, ethics, or any other way of looking at human behavior would attach a definite label. The classification of actions according to their various motives may be momentous for psychology and may provide a yardstick for a moral evaluation; for economics it is inconsequential.&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;Les lois économiques ainsi définies s’appliquent a priori à toutes les actions des hommes en société. En même temps, dans tout phénomène social, ces lois se combinent à d’autres lois. Il n’existe pas une classe d’actions, et encore moins une partie du monde, qui serait entièrement gouvernée par ces seules lois, et à l’extérieur de laquelle ces lois ne s’appliqueraient pas. Autrement dit, il n’existe pas d’économie-chose. 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Bienvenue à ceux qui liront ce blog.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous le pseudo «&amp;nbsp;elvin&amp;nbsp;»,  j’interviens fréquemment dans des blogs, peut-être d’ailleurs plus souvent et  plus longuement que les tauliers aimeraient.&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;Pourtant il m’arrive souvent de me  retenir d’en dire encore plus long, et sur un ton plus didactique que celui qui  convient à un intervenant occasionnel. J'ai été périodiquement tenté d’ouvrir mon  propre blog, mais j'ai attendu jusqu’ici.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous trouverez donc ici des réflexions, tantôt lapidaires, tantôt approfondies, principalement sur la nature de la discipline qu'on appelle l'économie et sur ses rapports avec les autres disciplines et&amp;nbsp; avec notre vie quotidienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et, autant le dire d'emblée, je me réclame haut et fort de l'École autrichienne de Menger, Mises et Hayek, et je suis donc ce qu'il est convenu d'appeler un "ultra-libéral".&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3663905631233247408-1839334085178408289?l=gdrean.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://gdrean.blogspot.com/feeds/1839334085178408289/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2009/09/coucou.html#comment-form' title='13 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/1839334085178408289'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3663905631233247408/posts/default/1839334085178408289'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://gdrean.blogspot.com/2009/09/coucou.html' title='Coucou !'/><author><name>Gérard Dréan</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13847222757419959561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_jhzxtrawyYY/SZVhv-mTPgI/AAAAAAAAAAM/8Af6-Sy6AgA/S220/moiphoto2.gif'/></author><thr:total>13</thr:total></entry></feed>
